Bruno Vanryb

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Bruno Vanryb est un serial entrepreneur incontournable de la Tech française. D’abord ingénieur du son, ce pionnier des startups du numérique se décrit volontiers comme un “geek un peu autodidacte”. Il co-fonde en 1984 Avanquest, un éditeur de logiciels B2C entré dans le top 10 européen. Passionné et infatigable, il ne s’arrêtera alors plus d’accompagner de nouveaux projets d’entreprises. 30 ans et un brillant palmarès plus tard, il décide de mettre sa vision et ses compétences au service des entrepreneurs en quête de croissance, et lance en 2014 BeBrave. Il devient également associé de la Banque d’Affaires Avolta Partners. Son engagement se traduit aussi par son implication remarquable dans plusieurs associations d’entrepreneurs et par la publication récente d’un livre tout aussi incontournable que son auteur: “Les 10 Commandements de l’Entrepreneur”, aux Éditions du Rocher.

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COMPTE-RENDU DE L’ÉPISODE

[00:02:40] Intro – Les entrepreneur(e)s sont des aventuriers(ères) des temps modernes
[00:07:23] Projet du Moment – Aider les entrepreneurs à se lancer et réussir
[00:11:40] L’Appel à l’Aventure – D’ingénieur du son à serial entrepreneur
[00:14:40] Les Tribulations – Le pire moment: coincé par les investisseurs et différences de vision
[00:20:00] La Révélation – Un nouveau business model international
[00:22:59] Le Triomphe – Garder son sang froid et tenir le cap…
[00:25:08] Les Questions Flash
[00:33:15] Le Bouquet Final – Ne restez pas seuls, et surtout…

Transcription complète de l'épisode

François Paul Lambert: Nous débutons aujourd’hui cette première saison de RévolutionDigitale avec un serial entrepreneur incontournable de la Tech française. D’abord ingénieur du son, ce pionnier des startups du numérique se décrit volontiers comme un “geek un peu autodidacte”. Il co-fonde en 1984 Avanquest, un éditeur de logiciels B2C entré dans le top 10 européen. Passionné et infatigable, il ne s’arrêtera alors plus d’accompagner de nouveaux projets d’entreprises. 30 ans et un brillant palmarès plus tard, il décide de mettre sa vision et ses compétences au service des entrepreneurs en quête de croissance, et lance en 2014 BeBrave. Il devient également associé de la Banque d’Affaires Avolta Partners. Son engagement se traduit aussi par son implication remarquable dans plusieurs associations d’entrepreneurs et par la publication récente d’un livre tout aussi incontournable que son auteur: Les 10 Commandements de l’Entrepreneur.

Tribu Digitale, j’ai l’immense honneur d’accueillir aujourd’hui pour vous Bruno Vanryb. Bruno, bonjour!

Bruno Vanryb: Bonjour!

FPL: Etes-vous prêt à nous inspirer, aujourd’hui?

BV: On va essayer.

FPL: Génial!

Alors, Bruno, je vients de donner un petit résumé de qui vous êtes à la Tribu Digitale. Voulez-vous y rajouter quelque chose, et est-ce que vous pouvez nous donner un petit aperçu de votre vie personnelle?

BV: Alors, y rajouter quelque chose, peut-être? C’est cette implication que j’ai eu tout au long des années dans les associations d’entrepreneurs, qui m’a permis d’être très connecté avec mes amis qui développaient les startups, les entreprises, et de rester toujours au courant de la façon dont les choses évoluaient, malgré le temps depuis lequel je suis dans ce métier.  Et c’est vrai que j’ai été Président de Croissance Plus,  j’ai été Président de Middlenext, Président des éditeurs logiciels Syntec Numérique, Vice-président du Conseil National du Numérique. ça fait beaucoup de choses, mais ça m’a beaucoup apporté et j’espère que ça m’a permis moi aussi d’apporter aux entrepreneurs. Et puis j’ai eu aussi la chance avec Croissance Plus à la fin des années 90 de faire partie de ceux qui ont créé les BSPCE, ces Bons de Souscription de Parts de Créateur d’Entreprise, utilisés par 70% des startups pour créer de l’actionnariat salarié.

J’avoue que quand on a la chance d’avoir pu mettre cette petite pierre dans un édifice, et qu’elle serve aujourd’hui aux autres, on est très heureux.

FPL: Vous avez aussi publié récemment un livre aux Editions du Rocher, qui s’appelle: Les 10 Commandements de l’Entrepreneur,  qui est préfacé par Xavier Niel. D’où vous est venue l’idée?

BV: En fait, l’idée je l’avais depuis longtemps, parce que quand on a fait déjà une entreprise qui réussit, puis qu’on a été confronté à d’autres réussites, d’autres échecs tout au long d’une existence, y compris dans beaucoup d’autres choses, parce que moi je suis passionné donc…puisque je ne l’ai pas dit, vous me demandiez un peu pour ma vie personnelle, mais j’ai même fait, en amateur, sept années de course de vitesse moto, j’ai monté une galerie d’art. Donc je suis passé par beaucoup de d’expériences de vie si vous voulez, et ça faisait longtemps que je voulais partager ça avec les gens qui aujourd’hui, soit veulent monter une entreprise, soit l’ont déjà montée mais veulent la développer et connaître quelques règles de base.

En fait ça a commencé par une émission de télé. C’est à dire que en 2016 j’ai eu la chance avec la Fabrique Aviva qui est un projet de l’Assureur Aviva, qu’il me sponsorise une émission télé qui est passée sur BFM et BFM Business pendant six mois, sur les Dix Commandements de l’Entrepreneur, qui était mon idée de départ. Et de là, la vidéo vous savez, ça dure deux minutes, c’est très très bien, on peut raconter des choses, mais c’est court. Et l’envie d’en faire un livre derrière est venue presque naturellement. Les Editions du Rocher m’ont fait confiance. Voilà pourquoi j’ai écrit ce livre. Et un point complémentaire sur Les 10 Commandements: je ne cherche pas à dire des choses très compliquées, parce que je constate une chose: c’est que la plupart des gens ont besoin qu’on leur rappelle les fondamentaux. Tous les grands sujets complexes sur les levées de fonds, sur des problèmes juridiques et fiscaux, finalement doivent arriver après le fait de rappeler quelles sont les règles de bon sens pour réussir et développer une entreprise. C’est ce que j’ai voulu faire. J’ai voulu le faire en racontant des anecdotes personnelles pour que ce soit à la fois amusant et pour que ça donne envie, tout simplement.

FPL: Justement dans les vidéos dont vous parlez, on vous entend dire que l’entrepreneur est l’un des derniers aventuriers des temps modernes. Alors moi j’adore ça. Qu’est-ce que vous voulez dire par là?

BV: C’est très simple. C’est qu’en fait personne ne sait ce que c’est que de monter une entreprise. Même parfois les jeunes qui la montent ne se rendent pas compte à quoi ils vont être confrontés. Et la réalité, c’est qu’il n’y a pas tellement d’endroits dans lequel on crée soi-même quelque chose, on le fabrique, on le pense, qu’on a des chances de succès qui sont extrêmement limitées en pourcentage, parce qu’on oublie de le dire mais, sur 100 startups qui se montent, peut-être que 90 ne seront plus là dans les 3 ans. Et puis c’est aussi un lieu, où on va être en permanence, tous les jours, tous les jours confrontés à des défis incroyables. C’est ce dont je parle évidemment dans mon livre, c’est-à-dire des questions auxquelles il faut répondre.

Et pour lesquelles on ne sait pas comment il faut y répondre. Et donc on est obligé de faire un choix, on est obligé de prendre une décision. Et par rapport à ça, finalement, ça ne me semble pas si éloigné que ça de la course de vitesse de moto, lorsque j’étais confronté à des gens plus jeunes que moi sur la ligne de départ, qui pesaient 15 kilos de moins que moi, où il fallait que soit quand même le premier virage. Je trouve qu’il y a quelque chose en commun avec ça et il y a un esprit d’aventure, d’extrême que j’aime beaucoup dans un monde, je vous le rappelle, où aujourd’hui on met la ceinture et les bretelles sur tout, sur tout. C’est-à-dire que – je ne vais pas parler, évidemment, de la ceinture de sécurité dans la voiture, c’est la moindre des choses – ,  mais le principe de précaution est devenu la règle. On est, on vit dans la peur, la peur de gêner l’autre, la peur de se faire du mal, la peur de faire du mal aux autres. Ce qui fait qu’à un moment, c’est très bien tout ça, c’est une évolution positive de la société, mais en même temps, c’est un petit peu, comment dirais-je, stérilisant. Et finalement l’entrepreneuriat c’est un lieu où on peut à nouveau trouver le goût de l’aventure et la passion.

FPL: Tribu Digitale, vous nous écoutez parce que vous êtes des aventuriers. Soyez donc courageux!

Alors Bruno, vous êtes impliqué dans énormément de projets.

Vous nous en avez donné déjà un petit aperçu. Est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus, au sujet de votre projet du moment. Et nous expliquer comment vous générez vos revenus, et pourquoi vous avez choisi ce business model.

BV: Mon projet du moment n’est pas unique. C’est une question qui appelle plusieurs réponses. Mais déjà la première chose que je pourrais vous dire, c’est que je ne souhaite pas et je ne veux pas être ce qu’on appelle un Business Angel, c’est-à-dire quelqu’un qui met des fonds dans une entreprise et qui espère que l’entreprise va réussir, la startup va se développer et qu’il aura un retour sur investissement. J’ai appris, à mes dépens d’ailleurs souvent, puisque j’ai fait des investissements qui n’ont pas réussi, comme tout le monde, j’ai appris que l’investissement sans l’accompagnement, ça n’était pas efficace. Donc la première chose que je fais, c’est que j’accompagne quelques entreprises. Forcément un nombre limité à cause de la manière dont je fonctionne. Ces entreprises, j’y suis: à la fois actionnaire, administrateur, investisseur, et j’accompagne le management dans sa définition à la fois de sa stratégie et de ses défis opérationnels. ça veut dire que c’est une très grosse implication. Il y en a plusieurs, mais je vais citer celles que les gens connaissent le mieux en ce moment: c’est l’entreprise Cityscoot qui fait les scooters électriques en autopartage, il y en a 1600 à Paris, on en aura bientôt 4000, qui est un énorme succès, et je suis auprès du fondateur Bertrand Fleurose. Et mon rôle n’est pas d’avoir mis juste de l’argent dans l’entreprise, mais vraiment de lui amener mon expérience et d’être un petit peu son « sparring partner ». Donc ça c’est un exemple. Donc mon business model, comme vous le voyez, ce n’est ni d’être un consultant, ni d’être un business angel, ni d’être un directeur général. C’est un mélange de tout cela. Et dernier point pardon, et j’accompagne quelques projets comme ça. Et je suis également associé à la banque d’affaires Avolta Partner. Pourquoi? Parce que les projets que je ne peux pas accompagner, il se trouve que grâce à cette association à une banque d’affaires qui fait des levées de fonds et des cessions, on peut tout de même aider certaines entreprises qui ont des capacités à se développer et qui ont prouvé leur modèle, à lever des fonds. Ce qui fait que je n’abandonne pas forcément tous les gens qui me contactent en disant « pouvez-vous nous accompagner? » La réponse est « non, j’ai déjà trop de projets »; mais grâce à Avolta ça me permet quand même de rentrer dans le [groove].

FPL: Quel est le problème que vous rencontrez le plus souvent chez vos clients, dans l’accompagnement que vous leur offrez?

Le plus souvent?

BV: Le numéro un je dirais, le numéro un c’est la mauvaise prise de conscience du temps. Le temps qu’il faut pour lever des fonds, le temps qu’il faut pour trouver ses premiers clients, le temps qu’il faut pour réussir. Tous les entrepreneurs, sans aucune exception, souffrent d’optimisme.

C’est très bien l’optimisme. Mais en même temps, c’est quelque chose qui les empêche de bien gérer leur entreprise. Je m’explique: si vous n’avez qu’une somme d’argent limitée, ce qui est le cas de 99% des gens qui montent une entreprise. Oublions les quelques exemples de levées de fonds phénoménales qui font mentir ce que je viens de dire et prenons la majorité. La majorité c’est qu’on n’a pas beaucoup d’argent.

Et lorsqu’on n’a pas beaucoup d’argent, si on n’a pas conscience du temps qu’il faudra pour développer le produit, si on n’a pas conscience du temps qu’il faudra pour trouver les clients, et bien simplement, nous allons disparaître avant d’avoir réussi et on peut se retrouver en ayant fini un très bon produit mais en n’ayant plus d’argent dans les caisses, et on va faire ce qu’on appelle on va mourir « guéris »; on va mourir guéris, ce qui est tout à fait dommage. Donc le principal problème, la première chose que j’ai envie de dire à un entrepreneur, c’est ce que j’appelle la gestion du cash: qu’il ait 10 000 euros, 100 000 euros ou 4 millions d’euros, la gestion du cash, la durée du temps qu’il faut pour réussir à implémenter son produit et trouver ses clients, c’est le nerf de la guerre pour la réussite et pour passer le cap de ces deux-trois premières années pour les startups. ça a l’air d’être du simple bon sens et une porte ouverte. Croyez-moi, ils ont besoin de l’entendre.

FPL: Tribu Digitale, faites confiance au bon sens. Vous devez gérer votre temps, gérer votre cash. Alors gardons ça à l’esprit, car nous allons maintenant explorer le parcours entrepreneurial de Bruno, son aventure en tant qu’entrepreneur, le voyage qui l’a amené là où il est aujourd’hui. Alors Bruno, commençons par cette question: nous l’appelons « l’Appel à l’Aventure ». Quand avez-vous su au fond de vous que vous vouliez devenir entrepreneur. Et si vous ne vous êtes pas lancé tout de suite, qu’est-ce qui vous a retenu?

BV: En fait j’étais ingénieur du son dans les années 77-83. Ah oui, ça donne l’impression que je suis très très vieux. Il ne faut surtout pas inquiéter les auditeurs en fait, sur ce sujet car en fait, aujourd’hui encore, ce que j’ai appris en étant ingénieur du son me sert à chaque moment. Donc j’étais ingénieur du son, plutôt spécialisé dans ce qu’on a appelé à l’époque la [Caldwell] française. C’était fin des années 70 – début des années 80, c’était la pré-techno, pré-électro, c’était super intéressant. Mais en fait, le fait d’être simplement salarié du studio d’enregistrement où je travaillais, ça ne me plaisait pas du tout. ça ne me plaisait pas, c’était quelque chose qui ne me correspondait pas. Je ne voulais pas n’avoir aucune influence sur ce qu’il se passait dans ce studio. Et donc j’ai tout de suite senti que je voulais être associé. Et être associé, c’est le premier pas pour penser qu’on veut être entrepreneur, si vous voyez ce que je veux dire. Donc c’est de là que c’est venu, c’est tout à fait de là que c’est venu. Et la deuxième chose, c’est pourquoi je ne me suis pas lancé tout de suite, bien tout simplement pour deux raisons: la première raison c’est l’argent. On en avait pas du tout, et donc il fallait prendre une décision à un moment et la deuxième raison c’est le projet. On ne se lance pas sans un projet. On ne dit pas « je vais être entrepreneur » pour le plaisir d’être entrepreneur. Et ce qui s’est passé, c’est qu’il y a eu l’explosion de la micro-informatique dans les années 80 à 82. ça m’a tellement passionné que je suis tombé dedans comme Obélix est tombé dans la marmite de potion magique quand il était petit. ça m’a tellement plu que je suis rentré dans les sujets jusqu’au point de me mettre à écrire des articles dans les journaux informatiques de l’époque, en faisant partie des pionniers de ce nouveau mouvement, le digital, jusqu’au fait d’avoir écrit une douzaine d’ouvrages techniques aux éditions Eyrolles, et là donc, toujours pas d’argent.

FPL: L’envie d’être entrepreneur, mais cette fois il y avait le projet: le projet de devenir éditeur de logiciels.

Le projet et la passion puisque finalement, on lit dans votre livre que si cette passion n’est pas là, peu importe le projet peut-être qu’il ne sert à rien finalement.

Oui d’ailleurs, en fait ce que je dis, c’est qu’aujourd’hui lorsqu’on parle des startups on parle souvent de la levée de fonds, des montants levés, de la richesse créée, de la valeur de l’entreprise, et ce que je dis dans mon livre et ce que je ne cesse de répéter, c’est que la richesse est la conséquence d’une entreprise réussie et non pas la cause ou la raison pour laquelle on doit la faire. La base de la réussite c’est la passion. Pourquoi il faut absolument la passion? Il faut la patience tout simplement parce qu’on va être confronté à une véritable course d’obstacles, on va courir une course de haies avec un boulet au pied, en fait. Et c’est ça qu’il va falloir réussir. Et croyez-moi pour passer au travers de tous ces obstacles, si vous n’avez pas une passion, un feu qui vous anime, et bien vous risquez de tomber à la deuxième ou la troisième haie, tout simplement.

FPL: Alors vous parlez d’obstacles,

et c’est vrai, le parcours de l’entrepreneur est un chemin difficile. Le chemin de la réussite est semé d’embûches. J’aimerais Bruno que vous nous parliez un peu de vos moments difficiles. Parlez-nous un peu de votre pire moment en tant qu’entrepreneur. On parle souvent de l’échec chez les entrepreneurs. Dans certaines cultures l’échec est plutôt vu comme un vecteur de la réussite, notamment chez les Américains. Vous parlez vous-même dans votre livre des erreurs à ne pas faire, ces fameux « commandements » qui sont en quelque sorte les leçons tirées de ces échecs. Alors Bruno est-ce que vous êtes d’accord avec ça? Racontez-nous quel a été votre pire moment, en tant qu’entrepreneur.

BV: D’abord pour répondre à votre question: il ne faut pas se réjouir de son échec, mais faut pas avoir peur d’en parler et faut apprendre avec eux et ça c’est très important. Je suis d’accord là-dessus. Alors le pire moment en tant qu’entrepreneur: j’en ai eu tellement des pires moments…vous me demandez de choisir alors je vais essayer de choisir. Je vais vous parler d’un moment que je n’ai raconté à personne. Il y a prescription maintenant, donc on peut en parler. Imaginez que nous sommes dans les années 93-94. La société que j’ai co-fondée et que je dirige s’appelle BVRP Software, on est éditeur de logiciels, et l’essentiel de notre business c’était faire de la télécopie pour micro-ordinateurs. A l’époque il n’y avait ni échange de fichiers ni Internet, il faut se replacer dans un contexte. Le contexte c’est que pour communiquer entre ordinateurs, entre micro-ordinateurs, une des seules solutions qui existait, c’était d’utiliser des méthodes qui étaient celles que les gens utilisaient à la main à côté, comme s’envoyer une télécopie, un fax, d’accord? Donc on avait inventé un système qui permettait, on était les premiers au monde, d’utiliser la télécopie pour prendre un texte en traitement de texte, et de récupérer de l’autre côté en texte, alors qu’il n’y avait aucun moyen de communiquer directement d’ordinateur à ordinateur. ça on l’avait fait sur la base d’une carte Matra Communication, un matériel très cher, qui était dans l’ordinateur. Matra Communication avait pris 34% de notre capital et ça marchait très bien en France, c’était un produit destiné aux entreprises, on en avait vendu plus de 5000 à des prix relativement élevés sur le marché français. Et en fait le monde a complètement changé dans les années 93. La micro-informatique, les prix d’ordinateurs ont baissé considérablement. Des produits sont apparu qui s’appellent les modems, qui permettaient de communiquer facilement d’ordinateur à ordinateur.

Ce qui veut dire que le produit très simple que nous faisions en France à 5000 exemplaires, il y avait un potentiel pour le faire en millions d’unités dans le monde entier, à un prix beaucoup plus bas. Mais à condition de ne plus travailler sur une carte chère et dans du matériel fermé. Nous avions trouvé le leader mondial du Modem, qui était d’accord pour travailler avec nous aux Etats-Unis, Hayes MacroComputer Product, qui était d’accord pour investir sur BVRP. Et vous savez ce que les gens de Matra Communication ont dit? Ils ont dit « non, il n’en est pas question. Nous avons 34% du capital. Nous ne souhaitons pas que vous partiez à l’export, nous ne voulons pas que vous arrêtiez de travailler avec nous sur d’autres cartes. L’avenir c’est de continuer à travailler avec nous, de pas vous développer dans le monde entier. Et bien c’est le pire moment, puisque je savais au fond de moi-même que sans ce changement de modèle, nous serions disparus. Et je me suis retrouvé à un Conseil d’Administration avec Matra Communication où il a fallu que je leur dise: « si vous n’acceptez pas que nous changions ce modèle économique, je préfère fermer l’entreprise que de continuer dans une impasse qui ne nous mène nulle part ».

Il a fallu que je le dise avec beaucoup de force, pour qu’ils me croient, qu’ils pensent que ce n’était pas du bluff et je me rappellerai toujours, je me rappelle toujours le directeur financier de Matra Communication de l’époque, […] qui m’a dit: « Vous êtes sérieux là? ». Je lui ai dit: « tout à fait, regardez-moi ». Et il a dit « Bon ben écoutez, si vous nous trouvez quelqu’un qui rachète nos parts, débrouillez-vous mais je ne veux plus jamais entendre parler de vous ». J’étais très heureux. En une année, nous sommes passés de 5000 exemplaires vendus en France d’un logiciel destiné uniquement aux entreprises, à plus d’un million et demi d’unités vendues dans le monde entier en 27 langues. ça a été le vrai début de la réussite.

FPL: Vous avez véritablement gardé votre sang froid, qui est d’ailleurs un des commandements.

BV: Il faut savoir garder son sang froid. Effectivement j’en parle dans mon livre et il faut également savoir ce que l’on veut. Or je savais que vis à vis d’une grande entreprise comme Matra – je ne les critiques pas: ils voulaient maintenir un business dans un espèce d’univers qu’ils comprenaient et qu’ils maîtrisaient, qui était l’univers français, destiné à des entreprises qui payaient relativement cher pour des produits des grands comptes qui paient relativement cher. Moi je voulais aller vers le grand public pour un produit international et mondial. Je ne les critiques pas. Simplement, le conflit d’intérêts était tel, que je n’avais pas d’autre solution que d’entamer un bras de fer. Et lorsque vous êtes le pot de terre contre le pot de fer, vous ne pouvez gagner de bras de fer que si littéralement vous êtes prêt à vous suicider avec eux. Littéralement. Parce que sinon, vous n’y arriverez pas. Si on commence à discuter, vous n’y arriverez pas. Et c’était très intéressant parce que j’ai appris à ce moment-là qu’il fallait savoir ce qu’on voulait et ne pas avoir peur. Et donc c’est pour ça qu’il y a une maxime que je répète en permanence c’est: soyez courageux. Même si vous ne l’êtes pas vraiment faites semblant de l’être.

FPL: Tribu Digitale, soyez courageux. Retenez bien ça. Alors Bruno inversement est-ce que dans votre parcours vous avez connu un moment. Nous appelons ça un « moment d’illumination », c’est à dire peut-être étiez-vous dans une impasse, ou les choses n’allaient peut-être pas exactement comme vous vouliez, et tout d’un coup vous avez vu un moment « eurêka ». Une idée géniale. Expliquez-nous ça et quelles sont les actions que vous avez mis en place par rapport à ça.

BV: Ecoutez c’est exactement lié à l’anecdote précédente. C’est à dire qu’en fait je voulais absolument vendre aux Etats-Unis. Pour moi, il n’y avait pas de solution pour une entreprise de logiciels qui n’exporterait pas ses produits sur le plus grand marché mondial qu’est le territoire américain. Depuis 1987, tous les ans, tous les ans je faisais plusieurs voyages aux Etats-Unis dont le plus grand salon informatique comme le CopDex qui a été remplacé par le CES aujourd’hui à Vegas en janvier. Et à chaque fois je me heurtais à des murs, et je continuais à y tourner avec une persistance infinie, infinie. Je savais qu’il fallait. Et à force de persévérance, avec un premier contrat passé avec une entreprise locale du nord de l’Etat de New York où l’entreprise a fait faillite avant même d’avoir fini, un deuxième contrat où les produits ne se sont pas vendus.

Enfin, justement, je rencontre cette société Hayes, dont le dirigeant est l’inventeur du modem, et un grand gourou du milieu de la micro-informatique et du milieu de la communication sur micro-ordinateur. Et cette rencontre avec à Hayes a été capitale, puisque nous nous sommes retrouvés avec une entreprise de poids extraordinaire qui nous dit: Je vais mettre votre logiciel dans le monde entier dans tous mes modem. Et ce moment extraordinaire, le premier, c’est imaginer que nous sommes dans la Silicon Valley, avec lui, à l’arrière d’une immense limousine, en train de boire un verre, et qu’il nous dit: « les gars avec moi vous allez conquérir le monde ». Je vous jure, on a l’impression d’être dans Largo Winch. Il faut vivre ça une fois dans sa vie, c’est quelque chose d’absolument incroyable. Et le plus grand événement, l’illumination bien sûr, c’est que ce deal se fait, les produits sont le monde entier. Et l’été suivant, l’été suivant je vais en vacances à Porto Rico. Vous voyez, Porto Rico. Et donc je suis avec mon épouse, et je me dis tiens je vais quand même aller voir les magasins informatiques du coin, voir ce qu’il y a sur les étagères et je rentre à Porto Rico, dans l’un des grands magasins d’informatique je ne sais plus c’était [Best Buy] ou un autre, je ne me rappelle plus leur nom, et je vois un rayon entier, je dis bien un rayon entier, avec les modems ACE  et dessus écrit en gros « livré avec un logiciel des BVRP ». Et ben ça je peux vous dire, c’est une illumination. A Porto Rico, je ne sais pas si vous voyez: on commence à être loin de Levallois-Perret!

FPL: Bruno si vous pouviez résumer la ou les leçons que vous avez retirées de votre expérience en tant qu’entrepreneur, qu’elles seraient-elles? Je veux dire, en quelques mots, que pensez vous que la Tribu Digitale doive retenir comme leçon de votre expérience?

BV: Alors d’abord, si j’ai écrit un livre qui s’appelle Les Dix Commandements de l’Entrepreneur, c’est justement pour donner les dix leçons clés. Donc il faut que je fasse des choix. Le premier choix, c’est la première leçon clé.

Effectivement c’est la passion. Si vous faites les choses avec passion, il y a quelque chose qui se passe. Je ne peux pas l’expliquer, mais pour moi c’est un moteur de base. Je ne suis pas fanatique de ces entrepreneurs qui veulent être entrepreneurs parce qu’ils ont entendu que c’était bien et qu’ils n’ont pas la moindre idée de pourquoi ils y vont. Donc, première chose. Deuxième chose: éviter la solitude. Et ça, si je ne devais retenir qu’une seule leçon, ce serait celle-là. Première chose si vous montez une entreprise, ne le faites pas seul. Faites le avec un, deux associé(s), pas plus. Mais faites le avec eux. Alors on me rétorque toujours: « Oui mais c’est très difficile avec un associer. Deux ans, trois ans après, il arrive qu’on se chamaille, que les choses ne marchent pas ». Bien sûr que c’est vrai. Mais est-ce que les gens vont arrêter de se marier, parce qu’il y a le risque du divorce? Bien sûr que non!

En fait si je regarde la réalité, c’est que sur 90% des entreprises que je connais qui ont réussi, le fondateur n’était pas seul. Alors qu’il y ait des magnifiques exceptions avec un fondateur qui a réussi seul, ou qu’il y ait tout simplement des belles associations qui ont échoué au bout de 3-4 ans, c’est pas grave. ça a permis à l’entreprise de décoder. Et la solitude ce n’est pas seulement pour être associé, la solitude c’est aussi de se mettre dans les réseaux d’entrepreneurs, s’inscrire dans les associations, France Digitale, les Croissance Plus les Syntec Numérique et tout ce qui existe pour les entrepreneurs, les réseaux Entreprendre, que ce soit dans le numérique ou ailleurs. Je crois que tout ce qui permet d’éviter la solitude et d’échanger avec ses pairs, c’est une leçon clé de mon expérience. Et si je ne devais retenir qu’un seul commandement de mon livre, ce serait celui-ci.

FPL: Tribu Digitale, suivez votre passion mais surtout évitez la solitude. Ne soyez pas seul.

Bruno merci beaucoup pour ça. Alors Bruno, nous sommes maintenant arrivés à la partie des questions Flash. Ici je vous pose une série de questions en rafale et vous me répondez en allant à l’essentiel. Est-ce que vous êtes prêt?

BV: Oui.

FPL: Quelle est votre définition du succès?

Selon moi, le succès c’est d’avoir un projet et de le réussir, non pas tel qu’on l’avait pensé, mais en tout cas tel qu’on l’avait imaginé. Ce que je veux dire par là, c’est que j’ai monté et co-fondé BVRP qui est devenu Avanquest, parce que je voulais être éditeur de logiciels. Le succès ce n’est pas le nombre de produits qu’on a vendu. Le succès c’est pas le financier. Le succès c’est: nous voulions faire ça, et nous l’avons fait. Le succès c’est toujours la même chose. Le succès, lorsque j’ai fait de la course de vitesse moto amateur ça n’était pas « je vais être premier ». Le succès c’est: je vais travailler dur pendant 4 ans et à la fin, au moins une fois je ferai un podium. Je l’ai fait, c’était pour moi le succès. Après, si ça explose c’est extraordinaire. Le Winfax, le logiciel de télécommunication par ordinateur, j’en ai vendu 180 millions d’unités dans le monde. Mais c’est pas ça, réussir. Réussir c’était cette idée qu’on a semé, qui germe et qui mène quelque part.

FPL: A quoi ressemble votre journée type?

BV: Alors là-dessus je suis un maniaque de la gestion des priorités parce que j’essaie de faire beaucoup de choses. Donc toujours, toujours, toujours, le début de journée. D’abord je procrastine au démarrage, et j’y tiens énormément. Je ne fais pas partie de ces gens qui imaginent qu’il faut se lever très tôt et être efficace dans les cinq minutes. Ce à quoi ressemble mon début de journée c’est de prendre le temps, le temps de rentrer dans la journée et surtout, et c’est ça le point vraiment utile, d’étudier quelles sont mes priorités du jour, indépendamment de mon agenda. Qu’est-ce que j’ai à faire en ce moment? Qu’est-ce qui est le plus important? Qu’est-ce qui doit être fait le plus rapidement? Qu’est ce qu’il peut attendre?

C’est comme ça que j’aborde les choses. J’essaie toujours d’éviter de me laisser prendre par le fil des évènements et de ne pas garder le contrôle.

FPL: En plus de votre nouveau livreLes 10 Commandements de l’Entrepreneur., si vous deviez recommander un livre pratique quel serait-il? Et pourquoi?

BV: Un livre pratique. Mais je ne sais pas s’il faut lire des livres pratiques, moi. Je vais vous prendre de biais, là si vous le voulez bien et de m’en voulez pas. Je pense qu’il y a une chose qui est très importante pour un entrepreneur, c’est de ne pas rester enfermé dans le monde dans lequel il est et de lire des livres qui vont l’inspirer sans forcément parler de ce qu’il fait au quotidien. Et je crois donc beaucoup à la culture et à la littérature et je trouve très important que les entrepreneurs lisent des livres et lisent des livres qui ne sont pas forcément des livres de management. Et lisent des livres qui les amènent dans un autre univers. Ils peuvent lire de la BD, ils peuvent lire des livres et autres. Et donc de ce point de vue là, toute la littérature, ça peut être aussi bien des polars que relire « Voyage au bout de la nuit » de Céline, qui est un livre extraordinaire, même si son auteur a complètement dérapé ensuite, qui est une véritable expérience de vie, ou relire des livres de Jack London ou autres…mais toutes ces histoires, des histoires d’aventures et autres, c’est quelque chose qui vous aide. Voilà.

FPL: Quels outils, ou applis productivité ou autre, utilisez-vous régulièrement?

BV: Plusieurs, parce que j’ai tendance à être un peu geek. Alors Evernote, évidemment. C’est mon outil de prise de note numéro un, ça c’est clair. Je suis dessus en permanence chaque fois que je suis dans une réunion, parce que je ne sors pas d’une réunion sans avoir pris des notes.

Dropbox tout le temps, tout le temps. C’est-à-dire que que tout est stocké dans Dropbox, comme ça j’ai accès à tout de mon iPhone, de mon iPad et autres. C’est clair. Les outils qui permettent de signer électroniquement les documents comme DocuSign, pour ne plus avoir besoin de les imprimer. Les outils qui permettent de saisir les cartes de visite, sans avoir besoin de les saisir à la main. Tout Microsoft Office. Je suis sur Slack, je suis sur Pipedrive; Slack qui permet d’échanger en interne dans les entreprises; Pipedrive qui permet de suivre tout ce qui est prospection, tout ce qui est suivi des projets et autre, je trouve ça formidable.

Donc comme vous le voyez, beaucoup de choses, et sur les réseaux sociaux, je suis très très très Twitter, un peu LinkedIn, et pas beaucoup Facebook. Voilà. Et j’oubliais WhatsApp, bien sûr, qui devient maintenant indispensable quand on voyage beaucoup à l’étranger.

FPL: Qu’est ce qui vous inspire ou vous passionne en ce moment? Quels sont les domaines qui vous paraissent prometteurs?

BV: Et bien il y en a deux, en fait, trois, pardon: il y en a trois, et d’ailleurs c’est trois domaines dans lesquels j’essaye de travailler. Je crois beaucoup évidemment dans l’autopartage. Mon implication dans Cityscoot est un exemple. Je crois beaucoup dans l’évolution positive de l’autopartage avec des véhicules propres, par rapport à la voiture individuelle. ça c’est un domaine qui est à la fois vertueux, qui permet quand même de développer un service de qualité, et qui correspond à l’évolution de notre époque. La deuxième chose à laquelle je crois, c’est que l’événementiel – tout le monde fait des événements, des congrès, vous savez ce que c’est qu’un évènement, c’est quelque chose  de simple. Je crois que l’événementiel se digitalise est en train de changer fondamentalement, et je crois que le monde de l’événementiel est quelque chose qui va connaître des révolutions dans les années qui viennent. Je suis très impliqué dans un grand groupe d’événementiel qui s’appelle le groupe MCI, un groupe suisse de 2300 salariés que j’accompagne et que je conseille, et ça j’y crois énormément.

Enfin je crois, pour terminer, à la Révolution des medias. C’est-à-dire que je pense qu’elle n’est pas encore faite, entre le media papier, le media internet, le media vidéo; vous participez à cette Révolution, avec votre podcast RévolutionDigitale, c’est ce changement de paradigme qui va totalement changer notre rapport à l’information, auquel je crois énormément également.

FPL: La dernière c’est la question « Back in Time », c’est ma préférée. Imaginons que vous ayez l’opportunité de remonter le temps et vous retrouver face à votre vous de 18 ans. Vous n’avez que cinq minutes avant que le portail temporel ne vous ramène au présent. Avec l’expérience que vous avez maintenant, que vous-diriez vous d’un point de vue pratique, quels plans ou conseils précis donneriez-vous à votre jeune alter ego pour réussir, et qui n’implique pas d’acheter des billets de Loto, des paris sportifs ou d’investir en Bourse, ni de donner le livre « Les 10 commandements de l’entrepreneur ».

Peut-être que le seul conseil que je lui donnerais, parce que moi j’ai eu la chance que ça se passe plutôt bien pour moi, d’accord, donc forcément, si j’allais voir mon alter ego à 18 ans, je ne lui dirais pas forcément très différemment, puisque ça ne s’est pas trop mal passé par la suite. Je pense que les conseils que je lui donnerais, ils seraient peut-être à deux niveaux: 1 sur la vie professionnelle. Peut-être ne pas avoir abandonné les études si tôt, car il y a énormément de choses que j’ai dû apprendre par moi-même, et où j’ai perdu pas mal de temps sur des sujets assez sophistiqués. Si j’avais eu et obtenu certains outils, en passant par peut-être, comment dirais-je, un niveau d’études supérieures un peu plus profond, peut-être que cela m’aurait fait gagner du temps et m’éviter quelques erreurs d’apprentissage. ça c’est la première réponse et c’est la même que je ferais à mes enfants aujourd’hui. La deuxième réponse elle serait sur la vie personnelle mais permettez-moi de garder ça pour moi mais j’ai sûrement fait beaucoup de bêtises dans l’organisation de ma vie. Mais je crois que ça c’est la même chose pour tout le monde. Mais en tout cas, je ne lui dirais pas d’acheter des billets de Loto ou de faire des paris sportifs ou d’investir en Bourse. Je lui dirais: « de toute façon crois dans ton intuition. N’aies pas peur.

Surtout, n’aies pas peur. « 

FPL: Tribu Digitale, formez-vous, faites des études  d’hésiter si cela peut vous éviter des erreurs. Croyez en vous, croyez dans votre intuition, n’ayez pas peur. Bruno. Merci. Nous sommes arrivés à la fin de l’épisode. Merci d’avoir partagé généreusement toutes ces informations avec nous. Tribu Digitale j’espère que vous avez bien pris note. Je sais qu’il y en a parmi vous qui hésitent encore à se lancer et j’espère que l’aventure de Bruno vous inspirera à faire le grand saut. Bruno pour le mot de la fin: que diriez-vous à nos auditeurs de La Tribu Digitale qui hésitent encore à se lancer ou qui se sentent bloqués. Si vous aviez un seul conseil à leur donner quel serait-il?

BV: Très simplement: deux choses. La première chose, et c’est très important, c’est que le digital n’est pas un monde dans lequel on a forcément besoin d’énormément d’argent pour démarrer. On peut lancer une plate forme ou un site et le tester. Je pense qu’il est très intéressant lorsqu’on a une idée dans la tête, de la faire avec peu d’argent, minimale, pour tester un petit peu la façon dont ça réagit avant d’essayer de faire le grand projet qui va bien. C’est la chance que l’on a dans le numérique: c’est qu’il y a un certain nombre de choses que l’on peut faire en investissant peu. ça c’est le premier point, il me semble essentiel. Le deuxième point, je le redis et le redis encore: un entrepreneur bien sûr doit être courageux. Bien sûr doit trouver les moyens de réussir et de se battre. Mais ça n’est pas un super-héros. Si vous êtes sérieux, organisé et que vous acceptez l’autocritique, vous pouvez réussir sans être Elon Musk ni Mark Zuckerberg.

FPL: Bruno, vraiment, merci! Ce fut un plaisir et un honneur de vous avoir parmi nous aujourd’hui. Alors avant de nous quitter dites-nous comment rester en contact avec vous sur les réseaux sociaux ou ailleurs et si vous avez une annonce à faire la Tribune Digitale vous écoute.

BV: Alors, comment rester en contact avec moi: Ecoutez sur Twitter c’est @bvanryb,

LinkedIn,  c’est Bruno Vanryb, j’ai une page publique Facebook Bruno Vanryb également. Donc c’est assez simple, je suis assez sur les réseaux sociaux quand même,  je suis assez présent. Et ensuite vous dites: est-ce que j’ai une annonce à faire? Je ne suis pas venu ici pour vendre quelque chose. Je souhaiterais simplement et cela me ferait très plaisir. Si certains des auditeurs aujourd’hui veuille avoir la gentillesse de lire ces « 10 Commandements de l’Entrepreneur » qui marche très bien, c’est un livre dont le premier tirage est presque épuisé. Et si jamais ils l’ont acheté sur Amazon, qu’ils laissent un commentaire pour les autres, ça me ferait très plaisir car j’adore, j’adore avoir des retours. Savoir ce que les gens ont pensé de ce que j’ai fait. En toute humilité. Je  fais les choses avec passion et pour passer les messages, et j’adore que les gens m’expliquent ce qu’ils en ont pensé.

FPL: Tribu Digitale, vous venez d’entendre Bruno Vanryb partager avec vous son expérience et ses conseils. C’est à vous de jouer maintenant. Rejoignez-nous sur RevolutionDigitale.fr. Tapez « Bruno » dans la barre de recherche, vous aurez accès à sa page dédiée, avec toutes les informations et les références dont nous avons parlé aujourd’hui. Et bien sûr n’oubliez pas de visiter la page de Bruno Bebrave.fr et de le suivre sur ses réseaux sociaux Twitter, Linkedin et Facebook. Lisez son livreLes 10 Commandements de l’Entrepreneur aux Editions du Rocher et laissez un commentaire. Bruno, merci encore d’avoir partagé votre aventure avec la Tribu Digitale. Au revoir et je vous retrouve en backstage.

BV: Et merci beaucoup à vous.

LES POINTS À RETENIR

1. ÉVITER LA SOLITUDE. N’entreprenez pas seul. Rejoignez des associations, des structures dédiées au soutien des entrepreneurs.

2. PRENDRE CONSCIENCE DU TEMPS. …d’où l’importance de prioriser ses action dans sa journée. Le temps qu’il faut pour lever des fonds, le temps qu’il faut pour trouver ses premiers clients, le temps qu’il faut pour réussir. Tous les entrepreneurs, sans aucune exception, souffrent d’optimisme. Cette gestion du temps va de paire avec la gestion du cash. Posez-vous ces questions: Qu’est-ce que j’ai à faire en ce moment? Qu’est-ce qui est le plus important? Qu’est-ce qui doit être fait le plus rapidement? Qu’est ce qui peut attendre?

3. ÊTRE ENTREPRENEUR(E), C’EST ÊTRE UN(E) AVENTURIER(ÈRE). Prendre des décisions, faire des choix dans un monde où les chances de succès sont finalement très faibles. Finalement l’entrepreneuriat c’est un lieu où on peut à nouveau trouver le goût de l’aventure et la passion. Soyez courageux, n’ayez pas peur!

ABONNEZ-VOUS AU PODCAST!

OUTILS MENTIONNÉS

Vous trouverez ci-dessous toutes les références des resources mentionnées durant l’épisode!

APPLIS

Liste des applis mentionnées durant l’épisode.

Evernote

Appli pour la prise de note. « Organisez-vous. Travaillez mieux. N’oubliez rien. »

Dropbox

Sauvez vos fichiers dans le Cloud et collaborez avec vos équipes.

Slack

Messagerie collaborative.

Microsoft Office

La célèbre suite logiciel de Microsoft.

DocuSign

Signatures électroniques.

PipeDrive

L’outil de gestion des ventes leader que les équipes de vente adorent.

WhatsApp

Avec WhatsApp, profitez d’une communication rapide, simple et sûre, et qui est disponible sur téléphones partout dans le monde.

LIVRES

Liste des livres mentionnés durant l’épisode.

Les 10 commandements de l'entrepreneur

Le livre de Bruno Vanryb (aux Éditions du Rocher). Nous le recommandons fortement! (N’oubliez pas de laisser un petit commentaire sur Amazon si vous l’avez aimé!)

Audible

Profitez de votre offre d’essai de 30 jours, et choisissez votre titre parmi un large catalogue de plus de 250 000 livres audio et autres références!

AUTRES

Autres resources mentionnées durant l’épisode (événements, sites web, etc.)

CityScoot

Plus de 1500 scooters électriques en libre-service!

Be Brave

Be Brave accompagne les entrepreneurs dans leur croissance!