Olivier Vander Elst

Co-fondateur de Greenaer

Olivier Vander Elst est un visionnaire qui entend révolutionner les modes de transport en Irlande. Entrepreneur dans l’âme, ce belge se forme en commerce et marketing, et recherche une idée alliant sport, plein air et développement durable. En 2005 c’est le déclic, au retour d’un voyage en Inde avec sa compagne. A peine deux ans plus tard, ils fondent ensemble Greenaer pour commercialiser dans un premier temps REVA, une voiture électrique de fabrication indienne. Puis ils se consacrent aux vélos électriques: l’entreprise est alors rapidement primée et se classe à la tête des vendeurs et réparateurs en Irlande. Pari réussi pour celui qui voulait amorcer un changement positif dans les habitudes de transports des dublinois, et qui maintenant envisage de s’étendre au-delà, notamment en Espagne!

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COMPTE-RENDU DE L’ÉPISODE

[00:01:34] Intro – De l’Irlande à l’Espagne
[00:06:06] Projet du Moment – De la voiture électrique au vélo électrique: créer un écosystème
[00:10:35] L’Appel à l’Aventure – Trouver sa bataille et les débuts en Inde
[00:13:37] Les Tribulations – La crise de 2008 et le doute des proches
[00:17:11] La Révélation et le Triomphe – Garder un idéal…et un oeil sur les tendances
[00:22:50] Les Questions Flash
[00:29:02] Le Bouquet Final – Choisir son marché, et entreprendre au plus tôt

Transcription complète de l'épisode

François Paul Lambert: Notre invité d’aujourd’hui est un visionnaire qui entend révolutionner les modes de transport en Irlande. Entrepreneur dans l’âme, ce belge se forme en commerce et marketing, et recherche une idée alliant sport, plein air et développement durable. En 2005 c’est le déclic, au retour d’un voyage en Inde avec sa compagne. A peine deux ans plus tard, ils fondent ensemble Greenaer pour commercialiser dans un premier temps REVA, une voiture électrique de fabrication indienne. Puis ils se consacrent aux vélos électriques: l’entreprise est alors rapidement primée et se classe à la tête des vendeurs et réparateurs en Irlande. Pari réussi pour celui qui voulait amorcer un changement positif dans les habitudes de transports des dublinois, et qui maintenant envisage de s’étendre au-delà, notamment en Espagne!

Tribu Digitale, j’ai le grand plaisir de vous présenter un entrepreneur et ami que j’admire tout particulièrement: Olivier Vander Elst.  Olivier Bonjour!

Olivier Vander Elst: Salut François!

FPL: Es-tu prêt à nous inspirer aujourd’hui?

OVE: On va essayer!

FPL: Je viens de donner un petit résumé de qui tu es à la Tribu Digitale. Veux-tu y rajouter quelque chose? Et est-ce que tu peux nous donner un petit aperçu de ta vie personnelle?

OVE: En termes de vie personnelle, je suis papa de deux enfants. On a lancé notre société avec ma femme, que j’ai rencontrée en faisant mon master en Irlande, à Dublin. Et très vite, on savait qu’on n’avait aucune envie de travailler pour une grosse société. Le seul aperçu qu’on ait eu de cette vie-là, c’était au travers de stages et c’était déjà assez. Et donc, voilà au niveau de la bio, les petits enfants on fait qu’on a un peu bougé vers l’Espagne, par envie d’un nouveau mode de vie, tout autant que d’explorer de nouveaux horizons professionnels, mais toujours en restant focalisés sur notre projet de base, qui reste ce qui nous prend le plus de temps, et qui nous tient le plus à cœur.

FPL: Alors, est-ce que c’est difficile de s’installer à l’étranger pour lancer son business?Vous avez commencé avec ta compagne en Irlande. Vous êtes maintenant en Espagne. Alors déjà, pourquoi avoir choisi l’Espagne, j’ai envie de dire? Tu l’as déjà un peu souligné, pour j’imagine le soleil, le lifestyle;  mais est-ce que c’est difficile de se lancer à l’étranger?

OVE: Je ne pense pas que c’est spécialement difficile d’être à l’étranger. On a lancé le projet, pour moi d’être en Irlande c’était déjà être à l’étranger, quand on a lancé notre business. Il faut avoir un feeling pour les endroits et juste avoir un mode de pensée positif, je pense, et juste se dire: si d’autres le font, pourquoi pourquoi pas nous?Et pourquoi l’Espagne: c’était vraiment, on s’est dit: on va chercher un endroit qui nous convient au niveau du mode de vie plus à l’extérieur, avec des enfants en bas âge. On ne veut pas faire un trip « retraités » vers l’Andalousie et d’être avec des British de 60 ans, on se dirait qu’on serait hors  phase. Donc  Barcelone est une ville dynamique, où tu te sens pousser des ailes, tu peux aussi lancer des projets, tu as des gens qui sont dans la même dynamique que toi, et en même temps c’est l’occasion d’ouvrir une nouvelle page, une nouvelle  aventure, et de ne pas toujours rester dans un mode confortable je vais dire.

FPL: Alors Barcelone est une ville un peu à part en Espagne, surtout dans l’actualité du moment. Comment, est qu’elle est la scène entrepreneuriale à Barcelone?

OVE: Nous on est dans un endroit qui s’appelle Poblenou, qui est un peu semblable au Silicon Docks de Dublin, où sont les startups. Tu vois que c’est un peu partout, les grandes villes commencent à vraiment se rassembler dans leur  attitude par rapport à… Donc nous on est dans le milieu du transport, ce qui nous a attirés, c’est ce qu’il y a beaucoup de choses qui se font au niveau de la mobilité douce, donc ça c’était clairement un point un point d’accroche qu’on a pas ignoré. En termes de la création d’entreprises, tu sens qu’il y a un élan, qu’il a beaucoup de choses qui se passent, surtout dans le peer-to-peer. On a des amis qui sont dans les industries qui sont de type Deliveroo et autres qui marchent à fond. Les difficultés évidemment, elles sont au niveau de la langue, de la bureaucratie. En venant d’un pays comme l’Irlande, évidemment les choses sont très faciles à lancer. Des économies complètement ouvertes et libérales, c’est toujours un peu plus difficile quand tu es dans un pays comme l’Espagne. Il vaut mieux avoir des partenariats au niveau local, pour pouvoir faire les choses bien et éviter les mauvaises surprises.

FPL: Alors tu l’as dit, tu es actif dans le domaine des transports, j’ai même envie de dire le futur des transports, le transport électrique. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus au sujet de ton projet du moment, Greenaer, et comment génères-tu tes revenus, et pourquoi as-tu choisi ce business model?

OVE: Nous en fait c’est un business par défaut. On s’adapte non stop. On a commencé avec les voitures électriques comme tu le disais, avec une envie fondamentale d’offrir quelque chose de nouveau aux Irlandais en termes de transport. Il y avait déjà une grosse crise de pollution, et très peu d’inspiration autour de nous. Ça n’a pas été ce que c’était le début des années de crise. Ensuite on a voulu continuer dans l’économie de l’électron et donc le transport électrique, et les vélos électriques étaient vraiment le produit qui avait la maturité la plus forte, le plus acceptable au niveau du prix, de l’autonomie, de tout ce qui va autour, ainsi que les vélos cargo. Donc en fait on a fait une sélection de toutes les meilleures marques qui existent au monde, et on a décidé de les représenter en Irlande. Et donc on fait surtout de la vente. On fait de la location aussi, on a lancé une boîte de tourisme avec une flotte de vélos électriques pour découvrir l’Irlande et les alentours, et aussi faire des visites guidées. Enfin le tout c’est un écosystème qu’on veut créer. On veut juste avoir, tout avoir avec le transport électrique. La voiture électrique pour nous reste intéressante, ça reste notre notre idée de départ, mais en réalité elle n’adresse pas des vraies problématiques comme celui de la congestion. Une voiture électrique, bien que non polluante en ville, maintient quand même un grand espace sur la voie publique. Et on pense vraiment que l’avenir des villes passe par l’accès piétons, par le vélo et le vélo électrique c’est vraiment l’attrait du grand nombre, pouvoir parler à plein de gens qui sont intéressés à faire 25 à 30 kilomètres de chaque côté de leur trajet quotidien. Et à chaque nouvel adopteur pour nous, c’est une voiture en moins. Et donc, pour revenir au business model, c’est simplement de la vente, en sachant qu’il y a toutes les réparations qui vont avec. La proposition est intégrale dans le sens où on attend à avoir des retours, on a développé une expertise tout autour de ça. On a aussi un pan en B2B où là on a commencé à faire de la distribution en France, avec une chaîne qui s’appelle Nature et Découvertes. Donc là on distribue un modèle spécialisé de vélos électriques, ça vient de démarrer. Et ça c’est assez intéressant aussi. On a dû créer une option pour tout ce qui est après vente à domicile, parce que ce sont des magasins non techniques que les gens veulent quand même savoir ce qui se passe une fois qu’ils ont un problème. Et donc ça c’est un second pan. Et maintenant, le projet du moment, du moment, il commence cette semaine:  on va commencer à « shopper » le shop à Mullingar, qui est à l’ouest de Dublin et donc là, on sous-loue un emplacement dans un magasin d’outdoors, donc  de découverte – randonnée, enfin de tous les produits qui sont basés plus sur le sport et sur l’activité, mais qui ne sont pas dans le milieu du vélo et donc là on va ouvrir une concession dans les jours à venir, avec quelqu’un qu’on a engagé là-bas pour que ça marche. Donc l’idée de l’expansion par après pourrait passer par des shopping-shops un peu  partout en Irlande, parce que il faut pouvoir justifier tout ce qui est tout ce qui est coûts fixes, et on évolue quand même dans une industrie de niche, et dans une industrie de niche, chaque antenne doit pouvoir s’auto-suffire. Enfin ça c’est  la manière dont nous voyons les choses. L’Irlande est un pays à faible densité, donc pour pouvoir un peu aller partout dans le pays, il faut essayer de trouver des partenariats un peu malins, qui coïncident on ajoute de la valeur à l’offre existante et inversement.

FPL: Ce sont des projets ambitieux! Tribu Digitale, gardons ça l’esprit, le business model également. Nous allons maintenant explorer le parcours entrepreneurial d’Olivier, son aventure en tant qu’entrepreneur, le voyage qu’il a amené là où il est aujourd’hui. Olivier, commençons par cette question: nous l’appelons l’Appel à l’Aventure. Quand as-tu su, au fond de toi, que tu voulais devenir entrepreneur? Et si tu ne t’es pas lancé tout de suite, qu’est-ce qui t’a retenu?

OVE: L’appel à l’aventure, il a été instantané, dès que j’étais assez jeune, en fait. J’ai fait des stages aux Etats-Unis, dans l’Utah. Et je crois que ça a eu pas mal d’influence sur moi, dans le sens où l’Amérique te fait sentir, pousser des ailes. Très rapidement les gens t’écoutent. Et même si tu  as une idée un peu saugrenue, t’as tendance à avoir une audience. Et j’ai jamais eu de problème de confiance en soi, et je me suis vite rendu compte qu’en fait l’autorité ne me convenait pas des masses, et que par défaut, j’aurais besoin de créer mon projet pour être satisfait et ne pas me calquer sur un mode disons, un mode standardisé qui ne me conviendrait pas. Je voyais déjà ça très bien à l’école. Je n’arrive pas à me concentrer très très longtemps sur quelque chose qui ne m’amuse pas, je ne suis pas spécialement diplomate avec les gens que je n’aime pas non plus. Enfin bon, c’était plus une envie par défaut, et donc je savais très vite que ça se passerait comme ça et que je me le devais personnellement, si je voulais être satisfait dans ma vie. Donc ça c’était le début. Ensuite, pour démarrer la vie entrepreneuriale, j’ai été en Inde après le Master, avec ma compagne, qui n’était pas ma compagne à ce moment-là. J’ai réussi à la leurrer pour aller en Inde et essayer de lancer un projet ensemble, avec des motifs ultérieurs. Et donc là on s’est dit: On va aller en Inde parce que déjà, c’était par attrait pour quelque chose de tout à fait nouveau, qui nous a complètement ouvert l’esprit comme expérience, d’être six mois dans un pays où tout est tellement différent, et parfois super inspirant. Et donc voilà, on a regardé, on voulait faire quelque chose qui soit disruptif, mais qu’il soit aussi, qui amène de la valeur, qui soit proche d’un idéal qu’on était en train de se créer, et cet idéal était basé autour du durable. Et dans le milieu du durable, il faut trouver sa bataille. Et on s’est dit: le milieu du transport est quelque chose qu’il faut absolument changer, et c’est quelque chose qui nous convient. On a fait d’autres petits projets avant ça, mais je pense qu’on n’a pas le temps de discuter de tout ça. Donc oui, je pense que trouver sa bataille c’est important et donc l’appel de l’aventure, j’ai pas beaucoup tergiversé à ce niveau-là.

FPL: Alors le parcours de l’entrepreneur, c’est un voyage enrichissant, mais c’est aussi un voyage qui n’est pas facile tous les jours. Olivier, maintenant est-ce que tu peux nous parler un peu de tes moments difficiles, et plus particulièrement: quel a été ton pire moment en tant qu’entrepreneur? Toi tu as évolué, tu as étudié dans le monde anglo-saxon, et on parle souvent de l’échec chez les entrepreneurs. Dans certaines cultures, chez les Américains notamment, l’échec est vu comme un vecteur de la réussite, je le dis souvent dans ce podcast. Est-ce que tu es d’accord avec ça? Et raconte-nous quel a été ton pire moment en tant qu’entrepreneur.

OVE: D’abord, quand on parle des échecs, c’est vrai que c’est très américain comme manière de penser. Ça l’est peut-être moins en Irlande ou en Angleterre. Je suis tout à fait d’accord que l’échec, ça veut dire que tu as déjà pris ta chance et que tu as déjà osé. Et même si tu te plantes, c’est pour réussir mieux ou en tout cas te planter moins la fois d’après. Nous on a rencontré beaucoup de difficultés. Pendant plusieurs années, on a eu affaire à d’abord une situation de crise en Irlande. On a lancé  notre société en 2007-2008. La crise a touché 2008 de plein fouet. C’était pas un secteur sur lequel les gens voulaient prendre des risques. Enfin, ils ne voulaient pas prendre de risques du tout. Et les gens avaient peur pour l’avenir, donc n’avaient pas envie de dépenser sur ce qui pouvait être considéré comme un risque. Donc nous on a eu pas mal de moments bas, mais je pense que le pire moment pour nous, c’est quand on sentait que nos proches, qui nous avaient soutenu et moralement et financièrement pour la lancée du projet, vraiment  avaient peur pour nous, pour notre avenir, par rapport au potentiel qu’ils  voyaient en nous en fait. Et nous on a toujours été en avance sur les tendances, c’est certain, et c’est un élément important. De devoir attendre des années avant que tout le monde commence à te donner raison, ça peut être très frustrant. Mais le pire moment, c’est par exemple quand on a su, on attendait en fait une seconde voiture qui était beaucoup plus moderne dans son look, qu’on voulait lancer en 2009. Elle est jamais sortie, enfin elle est sortie  en 2015. On avait mis tous nos oeufs dans le même panier, comme on dit, avec avec la REVA qui avait un design quand même pas pour tout le monde. Et en plus de ça, la société Top Gear qui faisait des programmes un peu divertissants sur les voitures, s’est amusée à essayer de détruire la REVA, en la faisant passer pour ce qu’elle n’était pas, et en publiant des crash tests très dramatiques. Et là on s’est dit: tiens on est un peu au fond du trou, parce qu’on est avec cette voiture que personne ne va vouloir acheter. On sait qu’on est sur un créneau d’avenir. On sait que cette voiture a tout le mérite du monde pour son usage, qui est plus limité mais qui reste qui valide. Mais on va devoir se reconvertir. Et où trouver du soutien quand on sent qu’on est un peu au bout de la ligne, comme on dit et que tous les gens autour de nous comprendraient complètement si on mettait la clé sous le paillasson. C’était notre pire moment, et en même temps on n’en a pas douté tellement longtemps. On s’est vite reconverti et on s’est obstiné dans notre mission.

FPL: Tribu Digitale, soyez patients. La patience et la persistance, ce sont des talents à développer et à nourrir, et surtout entourez-vous, entourer-vous bien pour avoir le soutien nécessaire dont vous avez besoin. Olivier, que s’est-il passé ensuite? Quand est-ce que les choses ont basculé en votre faveur, quand est-ce que ton business, votre business a commencé à fleurir et quelles sont les actions qui ont contribué à ta réussite? En d’autres mots, quel a été ton moment d’illumination?

OVE: Je ne sais pas s’il y a eu un moment en particulier d’illumination. Je crois qu’il y a eu plusieurs choses. On a toujours gardé un oeil sur les tendances. On a toujours essayé de prévoir ce qui pouvait se passer à l’avenir et on le fait encore maintenant. Donc en faisant un petit trip à Paris, par pure mégarde on a vu ces  vélos électrique. Et on s’est dit: tiens, c’est tout à fait dans le même créneau qu’on est. Je sais que cela semble très logique maintenant, mais en fait quand on était dans l’industrie de la voiture, on ne regardait  pas tellement au vélo, on ne s’était  jamais dit: « on va vraiment être des experts du cycle », et en même temps, c’est ça qui fait notre différence. Donc on s’est calqué sur ce segment-là, et ce segment uniquement, ensuite avec les vélos cargo qui sont aussi un produit de niche, pour transporter les jeunes enfants ou le transport de marchandises. Et on s’est dit: de toute façon, on ne va pas devenir un magasin de vélos conventionnel, ou un distributeur de vélo conventionnel. C’est pas nous, il faut continuer à faire quelque chose qui n’existe pas, qui est nulle part, et on a vite vu que les gens étaient prêts à adopter ces produits là beaucoup plus facilement, que d’un côté business les marges est tout à fait saines, en termes de pérennité. Et puis ensuite on a vu juste les ventes fleurir, le prix de base augmenter et la tolérance du marché augmenter aussi, et l’économie se relaxer. Ce qui fait que les gens délient les bourses et fatalement prennent peut-être des risques potentiels un peu plus élevés. Enfin moi je ne vois pas ça comme un risque. Mais donc voilà, le tournant s’est passé assez doucement et gentiment,  tout était fait de manière progressive. On est pas une société avec des 200 % d’augmentation par an, c’est pas de tout ce qu’on est. Nous on en est, on fait beaucoup d’effort par exemple en ligne, mais en vue de progresser hors ligne. Et  voilà, donc tout s’est fait de manière assez organique, et il faut pouvoir prendre les tournants, il faut pouvoir s’adapter, mais je crois que ce qu’il y a de plus important, c’était de garder un certain idéal, et sans cet idéal, on aurait dû, alors, j’aurais été tout à fait d’accord de mettre la clé sous le paillasson. Pour moi c’était juste un peu du darwinisme.

FPL: Tribu Digitale, ayez un idéal, et surtout anticipez les tendances et restez à l’affût des opportunités. Olivier, si je pouvais résumer la ou les leçons clés que tu as retirées de cette expérience, quelles seraient-elles? Je veux dire, en quelques mots, que penses-tu que les Tribu Digitale doivent retenir comme leçon de ton expérience?

OVE: Alors, la plus grosse erreur la première fois, qu’on a faite, c’était de mettre tout nos dans un panier. Et ça c’était avec un produit, en espérant qu’un second produit sorte. Et ça c’est une mauvaise chose. Puisque de un, d’être tout à fait esclave d’un fournisseur, enfin pas l’esclave mais dépendant d’un fournisseur, et de ce que eux font de bien ou de mal, ce n’est pas une bonne chose, et ça définit ce que toi tu deviens en tant que société. Donc pouvoir s’adapter pour moi c’est très important, pouvoir s’obstiner bien que tout le monde te dise le contraire; si tu es dans  un marché et que tu développes une expertise,  je crois que tu dois pouvoir faire confiance à ton nez. Ne pas s’entêter pour rien non plus. Mais essayer de s’obstiner et de voir au-delà de ce que les gens te disent et de pouvoir t’entourer des bonnes personnes, qui soient des gens qui soient crédibles, mais aussi qui soient positifs. Je crois qu’être positif, c’est très important. Tu le sais comme je le sais, on vient d’un pays en Belgique où la prise de risque n’était pas tout à fait socialement acceptée. Enfin elle le devient peut-être un peu plus, mais je crois que nos parents respectifs auraient adoré qu’on fasse une grande carrière en banque, ce qui devient presque une insulte au jour d’aujourd’hui. Mais toujours est-il que voilà, je crois que c’est important. Moi mes amis sont des gens qui bougent, qui font des choses, qui ajoutent de la valeur, de pouvoir t’entourer de personnes qui t’inspirent c’est super important. Moi j’ai ma femme, qui a été  ma partenaire de toujours, et qui est un peu… on est notre soutien mutuel pour le meilleur et pour le pire dans tous les cas de figure. Mais c’est vraiment tout cela qui importe. Et au-delà, trouver des nouveaux partenariats. Le gros problème que j’ai en Irlande, c’est la collaboration. Il y a un peu une limitation à la collaboration. Si tu peux collaborer pour aller plus loin et plus haut, et dans des directions que tu n’as pas spécialement choisies au départ, et ben pourquoi pas. Rester ouvert, et moi j’ai un mode de pensée ou le « why not » prévaut sur tout.

FPL: Tribu Digitale, soyez vraiment positifs, et ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier. Ça peut paraître logique, mais on peut facilement oublier ce qui est logique. Soyez flexibles, adaptez-vous. Comme Olivier l’a dit, persistez et essayez de collaborer avec les autres. Olivier, nous sommes maintenant arrivés à la partie des questions Flash. Ici je te pose une série de questions en rafale, et tu me réponds en allant à l’essentiel. Est-ce que tu es prêt?

OVE: On y va.

FPL: Quelle est ta définition du succès?

OVE: Pour nous le succès, il n’est pas seulement financier. C’est pouvoir être heureux au quotidien, se réveiller le matin et se dire: tiens, j’ai un challenge devant moi, qu’est-ce que je vais pouvoir faire pour être meilleur aujourd’hui, pour faire grandir les choses. Réussir pour moi c’est de voir ma famille au quotidien, de voir ma femme heureuse, de pouvoir faire tout ce que j’aime dans la vie, et ça ne tient pas juste au travail.

FPL: À quoi ressemble ta journée type?

OVE: Alors, ben en fait le matin je dépose en vélo ma fille à l’école, et ensuite je me mets dans un co-working qu’on vient de démarrer ici à Barcelone. Et qu’on a aidé à faire démarrer. Enfin c’est nous qui avons initié l’idée. Et ensuite, je travaille à distance. L’avantage d’être loin de la société en soi, c’est d’avoir une vision un peu macro de ce qui peut être fait, sans tout le temps la tête dans l’opérationnel, ce qui ne me convient pas, et je pense pas que ce soit le plus intéressant pour moi. Donc la routine c’est après, j’ai tendance à faire une heure de paddle, qui est une discipline qui est fort populaire ici, et de me remettre à travailler dans l’après-midi. Ensuite les enfants sont vite de retour vers 4 – 4 et demi. Et puis je travaille assez tard le soir.

FPL: Le paddle est une activité qui a l’air très populaire ici aussi apparemment, puisqu’il y en a qui passent devant nous à l’instant sur la rivière à Liffey à Dublin. Donc si jamais l’envie te tente de revenir en faire ici, sache  que tu peux le faire. Si tu devais recommander un livre pratique, quel serait-il? Et pourquoi?

OVE: C’est plutôt ma femme, moi j’ai pas eu tendance à lire beaucoup de ses livres pratiques du tout. Elle a été fort inspirée par le « 4-Hour Week », qui est de Tim Ferriss. « La Semaine de 4 Heures ». Elle  a trouvé pas mal de conseils pratiques dans tout ça. Certains dont utilisent encore…le genre de upwork et autres, qui aident à outsourcer des tâches vers des experts, où qu’ils soient dans le monde.

FPL: On mettra toutes les références sur le site Internet. Quels outils ou applis, productivité ou autres, utilises-tu régulièrement?

OVE: Il y a Slack, que tu dois connaître, que j’aime beaucoup, parce que c’est un peu un…je décris ça comme un WhatsApp sur stéroïdes. J’utilise évidemment WhatsApp pas mal aussi, ça s’utilise de plus en plus. Avec les fournisseurs en Chine, il y a WeChat, qui est pas mal fait non plus. Et puis voilà, on a Mailchimp, pour tout ce qui est newsletters et autres. Et qu’est ce qu’on utilise d’autre? On essaye d’utiliser moins d’emails, plus de Slack, mais au-delà de ça, on a quelques Software, je ne peux pas  dire que je les utilise tellement que ça.

FPL: En dehors du futur des transports, qu’est-ce qui t’inspire ou te passionne en ce moment?

OVE: Ça m’inspire de la peur un peu: je me suis un peu intéressé au crypto-currencies. Et au niveau environnemental, c’est un désastre complet. Donc je pense qu’il va y avoir des créneaux justement, pour essayer d’améliorer tout ça. Parce qu’il n’y a aucun doute que, peut-être pas juste la crypto-currency, mais le blockchain et la tendance qui va révolutionner l’industrie, enfin plusieurs industries, en tout cas les échanges, mais que pour l’instant il y a beaucoup de spéculation, il y a beaucoup de personnes qui s’y mettent peut-être pour les mauvaises raisons. Je pense que c’est un domaine qui va être énorme, et qui est en train de se métamorphoser beaucoup, beaucoup d’industries sans qu’ils le sachent.

FPL: Tribu Digitale, prenez bien des notes! Et la dernière, c’est la question « Back in Time » c’est ma préférée. Imaginons que tu aies l’opportunité de remonter le temps, et tu te retrouves face à « toi » de 18 ans. Tu n’as que 5 minutes avant que le portail temporel ne te ramène au présent. Avec l’expérience que tu as maintenant, que te dirais-tu? D’un point de vue pratique, quels plans ou conseils précis donnerais-tu à ton jeune alter ego pour réussir, et qui n’implique pas d’acheter des billets de Loto, des paris sportifs, ou d’investir en Bourse ou dans les Bitcoins…ça serait trop facile.

OVE: Alors, déjà de un, je vis jamais de regrets. Tant qu’on est heureux maintenant, on l’est réellement. Par contre, ce que je ferais différemment, et que je vois en voyageant beaucoup, c’est de choisir ton marché. Nous on s’est branché par…Voilà, ma femme est irlandaise, on s’est branché sur un marché  qui est quand même relativement petit, qui n’est pas toujours en avance sur les tendances, en termes de transports et de mobilité. Je crois que si par exemple le transport, c’est ce qui nous intéresse, dans notre industrie, j’aurais été là où les choses bougent le plus, et essayé d’être le meilleur, là où les choses bougent le plus. Maintenant on essaie d’être les meilleurs à distance, en prenant note de tout ce qui se fait de mieux un peu partout. Mais je pense qu’au niveau de l’échelle, il faut pas sous-estimer ce qui se passe dans dix ans, quand on démarre quelque chose. Donc maintenant, c’est pour ça qu’on regarde au-delà.

FPL: Tribu Digitale, choisissez votre marché. Il y a plein de problèmes à résoudre dans le monde. Et si vous mettez vos talents et vos compétences à contribution pour résoudre un problème, je pense que vous serez sur la bonne voie pour trouver votre marché. Olivier, merci! Nous sommes arrivés à la fin de l’épisode. Merci! Merci beaucoup d’avoir partagé généreusement toutes ces informations avec nous. Tribu Digitale, j’espère que vous avez bien pris note. Je sais qu’il y en a parmi vous qui hésitent encore à se lancer, et j’espère que l’aventure d’Olivier vous inspirera à faire le grand saut. Olivier, pour le mot de la fin. Que dirais-tu à nos auditeurs de la Tribu Digitale qui hésitent encore à se lancer en tant qu’entrepreneur, ou dans l’aventure entrepreneuriale, qui se sont bloqués? Si tu avais un seul conseil à leur donner, quel serait-il?

OVE: Déjà de un, je comprends tout à fait que les gens hésitent, et au plus on grandit, au  plus on n’hésite. En fait moi je dis autant lancer quelque chose quand on est jeune, quand on n’a pas d’attaches, parce que les répercussions et les conséquences sont pour moi moins importantes, et on a tendance à être plus…peut-être plus naïfs, mais en tout cas pleins de passion, et plus enclins à pouvoir mettre ses heures dans un projet si on y croit vraiment. Y croire vraiment, je sais que c’est difficile pour beaucoup de gens, parce qu’ils se disent: est-ce que c’est vraiment ça que j’ai envie ou pas, ou autre? En fait le projet par après reprend le dessus sur la nature réelle de tout ce que l’on fait. Mais c’est important de suivre ses instincts, de pas essayer d’aller en « sur-analyse » des choses. Je pense que il faut pouvoir suivre son instinct. S’il est bon dès le départ, c’est qu’il y a quelque chose là qu’il faut il faut mettre en exergue. Donc c’est ce que je dirais, si vous vous sentez quelque chose très tôt, c’est ce que je dirai à mes enfants, en tout cas, c’est « lancez-vous ». Et si c’est pour plus tard, il y a plusieurs manières de le faire, que ce soit même reprendre une entreprise, ce qui est pour moi un entrepreneuriat plus « à la belge », enfin que je vois parmi mon cercle d’amis, et qui ont fait de la consultance ou quoi entre temps, qui ont obtenu un certain niveau de confort, par rapport à leurs acquis en termes d’expertise, mais aussi d’épargne ou autres. Donc il y a plusieurs types d’entrepreneurs, il faut juste essayer de trouver la voie qui vous rendra heureux, en étant un peu égoïste, à ce sujet, sans vouloir satisfaire particulièrement les attentes de la famille et autres.

FPL: Tribu Digitale, n’hésitez plus, suivez votre instinct. Il n’y aura jamais de bon moment. N’attendez pas qu’il soit trop tard. C’est votre bonheur, au final qui compte.  Olivier vraiment merci! Ce fut un plaisir et un honneur de t’avoir parmi nous aujourd’hui. Avant de nous quitter, dis-nous comment rester en contact avec toi, sur les réseaux sociaux ou ailleurs. Et si tu as une annonce à faire, la Tribu Digitale t’écoute.

OVE: Je suis presque gêné de dire que je ne suis même pas sur Twitter.

FPL: C’est fini Twitter, maintenant!

OVE: Ok alors tant mieux, je suis en avance sur cette tendance-là. Je suis sur Facebook, vous pouvez tout à fait me contacter via Facebook. Et en règle générale, notre société s’appelle Greenaer, je suis ravi d’être en contact avec qui que ce soit qui puisse être inspiré par ce qu’on fait. On prend beaucoup de stagiaires, aussi, donc à bon entendeur. Notre manager maintenant, qui nous a rendu la vie possible ici en Espagne, est un stagiaire qui a travaillé avec nous pendant huit mois, et qui était trop bon pour qu’on le laisse partir. Donc il a bien  voulu revenir et manager l’opération à Dublin. Donc voilà, en termes de contacts. N’hésitez surtout pas, moi j’aime bien partager.

FPL: Tribu Digitale, vous venez d’entendre Olivier Vander Elst  partager avec vous son expérience et ses conseils. C’est à vous de jouer maintenant. Rejoignez-nous révolutiondigitale.fr et tapez « Olivier » dans la barre de recherche: vous aurez accès à sa page dédiée, avec toutes les informations et les références dont nous avons parlé aujourd’hui. Et  bien-sûr, n’oubliez pas de visiter la page d’Olivier sur greenaer.ie, et de le suivre sur ses réseaux sociaux, notamment sur Facebook. Olivier, merci encore d’avoir partagé ton aventure avec la Tribu Digital. Salut, et je te retrouve en backstage!

OVE: Salut!

LES POINTS À RETENIR

1. TROUVEZ VOS VALEURS, VOTRE IDÉAL. Créez, innovez, disruptez…entreprenez. Mais amenez aussi de la valeur, et ce grâce à votre idéal, que vous aurez établi dès le début de votre aventure entrepreneuriale.. Trouvez votre bataille! Et s’il le faut, partez vous inspirer ailleurs, voyagez, apprenez…pour mieux revenir. Restez ouvert et prêt à accueillir les opportunités!

2. SOYEZ PRÊT À VOUS ADAPTER. Anticipez, préparez-vous, choisissez bien votre marché, et gardez toujours un oeil sur les tendances, pour être prêt s’il le faut à prendre les tournants, à pivoter. Ne mettez pas tous vos oeufs dans le même panier, en ne dépendant uniquement que d’un seul produit, d’un seul fournisseur. Ne laissez pas ceux-ci définir votre image.

3. SOYEZ PERSISTANT ET POSITIF. Obstinez-vous s’il le faut, et sachez voir au-delà de ce que diront les autres. Si vous avez trouvé votre marché, et que vous développez une expertise, faites confiance à votre instinct, lancez-vous le plus tôt possible. Et entourez-vous de personnes positives, qui croient en vous, vous inspirent, et sont prêtes à vous soutenir, quoi qu’il arrive.

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OUTILS MENTIONNÉS

Vous trouverez ci-dessous toutes les références des resources mentionnées durant l’épisode!

APPLIS

Liste des applis mentionnées durant l’épisode.

LIVRES

Liste des livres mentionnés durant l’épisode.

AUTRES

Autres resources mentionnées durant l’épisode (événements, sites web, etc.)

El Poblenou

Quartier de Barcelone…

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