Louis Marty

Co-fondateur de Merci Handy

Louis Marty a réalisé une prouesse en révolutionnant le monde de la cosmétique du quotidien. En 2014, il crée avec son associé (Roland Jais-Nielsen) un univers loin des clichés aseptisants: Merci Handy voit le jour. En réalisant qu’ils pouvaient donner du sens, du fun et de la créativité à un geste journalier ordinaire – se laver les mains- , ils imaginent une gamme de produits simple et sincère, alliant amour et humour. Auto-financé dans un premier temps, Merci Handy lève 3 millions d’euros en 2016, élargit rapidement son offre, et s’étend dans toute l’Europe. L’entreprise entend à présent devenir une marque majeure en e-commerce, et une référence à l’international. Et elle en prend clairement le chemin.

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COMPTE-RENDU DE L’ÉPISODE

[00:01:34] Intro – Des cofondateurs de choc se rencontrent sur les bancs de l’école
[00:03:22] Projet du Moment – Un modèle qui révolutionne la cosmétique classique et ajoute du fun
[00:08:00] L’Appel à l’Aventure – Le meilleur moment pour entreprendre
[00:10:13] Les Tribulations – La chaise à trois pieds
[00:12:00] La Révélation et le Triomphe – La première vidéo virale à 2,5 millions de vues et l’ouverture au marché européen
[00:16:14] Les Questions Flash
[00:19:23] Le Bouquet Final – Entreprendre le plus tôt possible, et les vertus de l’entrepreneuriat collaboratif.

Transcription complète de l'épisode

François Paul Lambert: Notre invité d’aujourd’hui a réalisé une prouesse en révolutionnant le monde de la cosmétique du quotidien. En 2014, il crée avec son associé un univers loin des clichés aseptisants: Merci Handy voit le jour. En réalisant qu’ils pouvaient donner du sens, du fun et de la créativité à un geste journalier ordinaire – se laver les mains- , ils imaginent une gamme de produits simple et sincère, alliant amour et humour. Auto-financé dans un premier temps, Merci Handy lève 3 millions d’euros en 2016, élargit rapidement son offre, et s’étend dans toute l’Europe. L’entreprise entend à présent devenir une marque majeure en e-commerce, et une référence à l’international. Et elle en prend clairement le chemin. Tribu Digitale, c’est avec grand plaisir que j’accueille aujourd’hui Louis Marty. Louis, bonjour!

Louis Marty: Bonjour François.

FPL: Êtes-vous prêt à nous inspirer?

LM: Complètement! Carrément!

FPL: Super! Alors Louis, je viens de donner un petit résumé de qui vous êtes à la Tribu Digitale. Voulez-vous y rajouter quelque chose, et est-ce que vous pouvez nous donner un petit aperçu de votre vie personnelle?

LM: Alors moi j’ai 26 ans, j’ai décidé avec Roland, que j’ai rencontré sur les bancs de l’école, on a organisé des soirées dans notre ensemble. Lui c’était celui qui restait jusqu’à 7h du mat pour voir si on avait bien tous les sous qu’il fallait dans la caisse, et qu’on avait pas trop dépensé. Moi j’étais celui qui marketait la soirée et l’organisait. Et c’est comme ça qu’on est hyper complémentaires. Je vis à Paris, on a grandi à Paris, et du coup on s’est battu avec notre école pour ne pas faire de stage de fin d’études, et pas de mémoire non plus, pour pouvoir monter notre boîte. Et c’était vraiment la genèse de Merci Handy. Et avant ça très peu d’expérience, quelques stages, qui nous ont fait comprendre à tous les deux que notre choix était vraiment de monter notre boîte, et d’avoir notre propre projet.

FPL: Merci Handy c’est vraiment…On commence à entendre parler partout. C’est votre projet du moment. Pouvez-vous nous expliquer comment vous générez vos revenus et pourquoi vous avez choisi ce business model?

LM: Alors du coup nous, est-ce qu’on est une start-up? C’est une question qu’on nous pose souvent, parce que c’est vrai qu’on a un business model assez classique, qui est de…on a un e-commerce, on a de la vente en direct via notre e-commerce et également via nos retailers, qui sont Sephora, Monoprix et tous ces gens-là. Du coup donc c’est comme ça qu’on vit, par contre dans la manière de faire et d’exécuter au quotidien, c’est là qu’on agit comme une startup, on a une souplesse pour une marque de cosmétiques qui est assez incroyable, dans la manière de faire, de fabriquer nos produits, de les concevoir, de les imaginer et aussi de les vendre. Tout notre pari, ça a été  de changer ce qui était le gel hydro-alcoolique, qui était un produit complètement aseptisé et médical. Il était strictement réservé à un usage de pharmacie ou de parapharmacie, et nous aujourd’hui, on en a fait un produit qui est beaucoup plus lifestyle et  cosmétique, à la fois en y [ajoutant] (sic) des choses qui étaient mauvaises dedans, comme des perturbateurs endocriniens, et surtout en y ajoutant de la vitamine E, de l’aloe vera pour l’hydratation, des parfums – on travaille avec des supers nez de Grasse, pour en faire vraiment un objet du quotidien qu’on peut s’appliquer deux à trois fois par jours sur les mains pour se nettoyer les mains et les parfumer.

FPL: Alors Louis, je suis obligé de vous demander: d’où vous est venue l’idée avec votre associé Roland Nielsen, de créer ces produits cosmétiques, ces gels nettoyants super fun?

LM: Alors l’idée, elle est née…c’était assez simple, en fait. On avait, on regardait un peu dans les marques qui nous inspiraient, et dedans, il y avait toutes ces marques qui étaient déjà très proches du consommateur. Donc on savait déjà qu’on voulait créer un produit dont le ton – et pour nous c’est hyper important – était proche du consommateur. Et ensuite on regardait dans les sacs à main de nos copines, et à l’intérieur il y avait vraiment de supers produits: il y avait un super rouge à lèvres, un super parfum, un super parfum, un très beau portefeuille, tout était hyper soigné, des marques, et puis il y avait des produits qui étaient complètement délaissés, abandonnés, qui étaient un peu laissés sur le côté de la route, qui était le gel antibactérien, donc le gel pour se laver les mains sans eau. Et nous a décidé de prendre ce produit-là, et de le réinventer. Et c’est comme ça qu’en fait on s’est dit: on va apporter un premium, on va apporter un supra de qualité, par une meilleure formule, un meilleur packaging, une nouvelle manière de le vendre, et surtout d’en parler. Et c’est comme ça que Mercy Handy est né. Et on a changé un aspect qui est hyper important dans notre business, qui a été la distribution. Au-delà du produit, on a exclu tout de suite la pharmacie, on s’est dit: comment on va faire pour justement mettre ce produit-là ailleurs qu’en pharmacie. Et du coup on est allé taper à la porte des concept stores, un générateur d’image et aussi de revenus dans un deuxième temps, hyper important pour nous. Typiquement un Colette, un bon Marché, Urban Outfitters en Europe. Donc voilà, c’est comme ça que l’idée est née de construire l’aventure Merci Handy.

FPL: Et j’ai aussi envie de vous demander: comment est-ce que l’on met ses produits sur les étalages des grands groupes que vous avez mentionnés?

LM: Les grands groupes, ce qu’ils recherchent, c’est des marques, soit des petites marques qu’ils appellent “Indie Brand”, c’est un mot qui est hyper à la mode, qu’on entend partout; c’est des marques qui se sont construites toutes seules, sur le web, et que eux vont propulser. Et c’était un peu le cas pour nous en France, parce qu’on avait réussi à construire une communauté digitale en amont. On avait déjà 10.000 personnes sur Instagram quand Sephora nous a lancés, on avait déjà quelques concept stores et on fonctionnait très bien. On avait une communauté à qui parler, et une communauté c’est bien, mais la clef chez Merci Handy, c’est d’avoir une communauté qui soit fidèle et surtout engagée. Et pour nous, c’est vraiment ça ce qu’on regarde dans notre business, c’est à quel point les clients nous sont fidèles, et à quel point ils sont engagés à commenter un post Facebook, à liker un photo Instagram, et in fine à acheter nos produits. Et c’est vraiment cette data-là qui est très importante pour nous, et donc qui compte pour le retailer pour référencer Merci Handy sur ses étagères.

FPL: En tout cas j’adore vos produits. Je peux déjà vous dire que j’ai jeté mon vieux flacon d’aseptisant. J’ai presque envie de mettre les vôtres sur mon étagère tellement ils sont beaux et funs.

LM: Ça fait plaisir!

FPL: Tribu Digitale, retenez bien ça. Une communauté c’est important. Soyez très conscients de cet aspect-là. Gardons ça à l’esprit nous allons maintenant explorer le parcours entrepreneurial de Louis, son aventure en tant qu’entrepreneur, le voyage qui l’a amené là où il est aujourd’hui.  Louis commençons par cette question: nous l’appelons l’Appel à l’Aventure. Quand avez-vous su au fond de vous que vous vouliez devenir entrepreneur? Et si vous ne vous êtes pas lancé tout de suite, qu’est ce qui vous a retenu?

LM: En fait j’ai suggéré que je voulais être entrepreneur au moment où justement j’ai fait un stage de fin d’études, et que dans un grand groupe, on a mis six mois à ouvrir un compte Instagram, parce qu’on a fait appel à trois agences pour valider des photos, on a fait appel à un copywriter pour  savoir quel texte et quel warning on allait mettre. Je me suis dit: en fait c’est l’antithèse du digital. Le digital ça va vite, ça change beaucoup. Et en fait quand on envoie un brief pour ouvrir un compte Instagram, et qu’on le sort six mois après, Instagram a changé en fait. Il a apporté trois nouvelles fonctionnalités, l’algorithme a changé, l’UX, donc l’expérience utilisateur a complètement changé. Et l’envie d’entreprendre, elle s’est faite tout de suite à la fin de nos études, comme je disais juste avant, et pour moi c’est vraiment un moment top pour entreprendre, parce qu’on a pas besoin de beaucoup de sous pour vivre, voilà moi je suis retourné vivre chez ma mère à ce moment-là. Enfin même je suis resté chez la mère, plutôt. Et voilà, on sort moins, on organise des petits trucs à côté. Moi j’organisais quelques soirées avec des amis, et c’est hyper important parce qu’on sociabilise. Et on gagne un peu de sous comme ça, et d’ailleurs il y a plein d’autres entrepreneurs de la place, avec qui j’ai fait ces soirées, qui sont aujourd’hui des amis. Et c’est comme ça que, pendant un an et demi, on a pu monter notre boîte, sans revenus en fait.

FPL: Tribu Digitale, ne restez pas seuls, sortez!

LM: Exactement!

FPL: C’est important, c’est d’ailleurs même un des Dix Commandements de l’entrepreneur, si on y pense bien. Alors, le parcours d’entrepreneur, il est pas facile, c’est un chemin qui est semé d’embûches. Les rewards, eux, sont importants, mais Louis, parlez-nous un peu de votre pire moment, en tant qu’entrepreneur. Alors on parle souvent de l’échec chez les entrepreneurs. Dans certaines cultures, l’échec est plutôt vu comme un vecteur de réussite, comme chez les américains par exemple. Alors est ce que vous êtes d’accord avec ça? Et racontez-nous quel a été votre pire moment en tant qu’entrepreneur?

LM: Alors moi je n’ai qu’une aventure entrepreneuriale. Avant c’était vraiment des petits projets au lycée ou à l’école. Mais même dans cette première aventure Merci Handy, le pire moment c’était que, à l’époque on était trois à avoir monté cette boîte, dont mon meilleur ami qui est Antoine. On commençait à avoir des grands comptes, Monoprix nous avait lancés; puis Antoine a eu envie de faire complètement autre chose de sa vie. Il a pris un aller simple pour Miami, et ça fait trois ans et demi, même quatre ans maintenant, et il y est encore. Et ça a été super dur parce que donc c’était vraiment un  moment humain, ou on s’est dit, on avait vraiment créé le modèle à trois. On avait créé les prémices de la marque – et ça a beaucoup évolué depuis, mais on avait créé tout ça à trois. Et on avait un équilibre en fait, c’était un peu une chaise à trois pieds qui tenait super bien, et on s’est dit avec Roland: qu’est-ce qui va se passer quand Antoine est parti, et vit son rêve finalement, parce qu’il beaucoup plus heureux là-bas qu’ici, même sans Merci Handy. Voilà on s’est dit: « qu’est-ce qui va se passer quand Antoine va partir et qu’on va couper ce pied à la chaise? » Et au final on a trouvé notre équilibre avec Roland. On a beaucoup travaillé aussi dessus. On a trouvé notre complémentarité sur des terrains très différents. Et aujourd’hui ça fonctionne, mais ça a été un vrai moment de tristesse pour moi sur le plan humain, et à la fois sur le plan professionnel, parce qu’Antoine avait des vraies compétences qu’on avait pas.

FPL: Alors vous avez eu ce moment, vous avez rebondi. Et dans le lancement de votre affaire, Merci Handy, vous vous êtes lancé, quand est-ce que les choses ont vraiment commencé à basculer en votre faveur? Quand est-ce Merci Andy a commencé à fleurir et quelles sont les actions qui ont contribué à cette réussite?

LM: Nous il y a deux moments forts chez Merci Handy: il y en a un qui en retail et un qui est purement digitale. Le moment digital, et c’est le plus fun, c’est la première vidéo qu’on a lancée. On a fait une vidéo sur YouTube qui nous a coûté  450 euros, et on a fait 2,5 millions de vues. À l’époque, sur YouTube, faire 2,5 millions de vues, c’était beaucoup. Voilà la vidéo elle s’appelle « Elle touche les couilles pour la bonne cause », c’était en novembre 2014. Et en fait, ça nous a donné confiance en: On peut faire de belles choses en ayant peu de sous, en étant hyper créatifs, on arrive à toucher des communautés. Et ça nous a prouvé que le web était très accessibles pour tout le monde, très rapidement. Et c’est pas forcément, à l’époque en tout cas, ce qu’on nous apprenait dans les écoles ou dans les bouquins de Marketing. Finalement le marketing dans les écoles, on l’apprend par la télé, par l’affichage, et ok par les réseaux sociaux, mais pas forcément de manière très concrète. Donc nous on s’est réveillé un matin, on avait 600.000 vues, et s’est recouché le soir et le lendemain matin on avait 2,5 millions de vues, on avait été repris par [Maingate], par plein de choses. Voilà, ça été le premier moment fort. Et après, le deuxième moment d’illumination qu’on a eu, où nos yeux ont pétillé, c’est quand Sephora a accepté de nous lancer dans toute l’Europe. Parce qu’on avait une distribution purement française pendant un an et demi, et puis un jour il y a un acteur aussi gros qui vous fait confiance. Et aujourd’hui on le lui rend très très bien. Mais qui vous fait confiance, à me dire « moi je vais vous aider à propulser ». Et j’en profite pour dire un mot, parce qu’on a un business qui est web et retail, et on a souvent une mauvaise image des retailers, qui cassent les startups, qui essaient de  détruire les marques. On va vous prendre en rendez-vous,  on va vous faire attendre deux heures dans une salle. En fait c’est faux. Si on y va avec  une énergie positive en rentrant et qu’on va les voir en mettant tout l’enthousiasme qu’on a autour de notre marque, de nos produits, de nos valeurs, ils ont envie, c’est des êtres humains comme nous, à la fin ils ont envie d’être heureux quand ils rentrent chez eux le soir. Et aujourd’hui on est 2017, bientôt 2018, et on a vraiment jamais eu un problème avec un seul de tous ces acteurs avec qui on travaille.

FPL: Si vous pouviez résumer la ou les leçons que vous avez retirées de cette expérience, quelle serait-elle? Je veux dire en quelques mots, que pensez-vous que la Tribu Digitale doive retenir comme leçon de votre expérience?

LM: Les vrais enjeux c’est vraiment au départ, où on est le meilleur et on est les plus créatifs. Après quand on a de l’argent, quand on lève des fonds, il y a un vrai risque, justement, de ne plus faire les choses comme avant, et il faut vraiment garder cette culture-là. Et c’est compliqué aussi, quand on recrute nos premières personnes; aujourd’hui nous on est 27. Mais quand on a recruté nos premières personnes, on trouvait des mécaniques, avec des centaines  d’euros on a fait des choses vraiment incroyables, et parfois quand on a une taille de boîte qui est plus grosse, on recrute des gens qui arrivent, et qui n’ont pas vécu toute la misère, on va dire, du départ. On a beaucoup plus de facilités, parce qu’on dit: voilà ça va nous faire gagner du temps, en payant plus, ce qui est vrai. Nous on a levé des fonds pour gagner du temps.  Mais du coup parfois on peut perdre un petit peu de  cette créativité, ou de ce growth hacking, on va se mettre dans des modèles, parce qu’on a de l’argent, un peu plus faciles; et ça c’est un vrai risque, et c’est une leçon qu’on est en train de corriger nous, d’aller rechercher cette créativité, cet enthousiasme-là pour se faire connaître, pour agrandir notre nombre de clients, et développer de nouveaux produits.

FPL: Tribu Digitale, ne perdez pas votre créativité en courant après l’argent.

LM: Exactement!

FPL: Certes il en faut, mais il n’en faut pas beaucoup pour se lancer. Et retenez cette belle leçon. Alors Louis,  nous sommes maintenant arrivés à la partie des questions Flash. Ici je vous pose une série de questions en rafale et vous me répondez en allant à l’essentiel. Est-ce que vous êtes prêt?

LM: Oui.

FPL: Quelle est votre définition du succès?

LM: C’est de me lever le matin et d’être heureux.

FPL: À quoi ressemble votre journée type?

LM: Alors on essaye de les faire varier, sinon ça peut être très ennuyant, mais on essaye de prendre des petits déj tous les matins avec l’équipe, ou j’enchaîne encore beaucoup de rendez vous commerciaux avec nos grand comptes, donc je rencontre pas mal de monde. Je me donne aussi, on va dire un bon 20% de mon temps à rencontrer des personnes qui peuvent benchmarker Merci Handy, et moi j’apprends beaucoup à rencontrer des jeunes entrepreneurs moins expérimentés, ou au contraire des gens beaucoup plus expérimentés; et pour pouvoir recevoir, il faut savoir donner, donc en fait je rencontre pas mal de monde.

FPL: Si vous deviez recommander un livre pratique quel serait-il, et pourquoi?

LM: Alors moi je suis un grand fan de « La Vache Pourpre », parce qu’en fait, cette histoire elle est toute simple à comprendre, donc de Seth Godin, c’est juste Merci Handy, c’est une vache pourpre au milieu d’un champ de vaches noir et blanc,  et j’aime beaucoup la vision marketing et d’exécution qu’il a apportée à des produits classiques.

FPL: Quels outils ou appli, productivité ou autres, utilisez-vous régulièrement?

LM: Je ne vais pas être original, mais c’est vrai que Slack est vraiment top pour Merci Handy. Après aujourd’hui on est en train de  le limiter en coupant les notifications, parce qu’il peut faire perdre beaucoup de temps aussi, c’est vraiment dangereux. On a pluggé plein de petits outils à Gmail, qui sont hyper intéressants, qui vont être tait le Mixmax qui est vraiment top pour avoir un CRM, pour savoir quand les mails sont ouverts par nos clients, donc Mixmax c’est vraiment chouette.

FPL: Qu’est-ce qui vous inspire ou vous passionne en ce moment? Quels sont les domaines qui vous paraissent prometteurs?

LM: Alors qu’est-ce qui m’inspire? Celui que je regarde mais qui me fait peur, c’est clairement la crypto-monnaie. Je le connais  très mal, mais on se pose la question d’acheter nos produits avec de la crypto sur Mercihandy.fr, au moins pour rigoler. Il me fait peur, mais il m’intéresse. Après, moi je suis très sensible aussi à toutes les marques qui essaient de se lancer pour régler un problème, et il y en a plein. Nous on avait un gros problème de paiement, le jour où Payfit est arrivé, ça a été vraiment exceptionnel. J’aime bien les marques qui règles des problèmes. Et c’est pour ça que la crypto-monnaie aujourd’hui, je comprends pas trop, parce que je ne vois pas le problème qu’elles règlent, à part embêter les banques, mais j’adore les boîtes comme Payfit, qui à nous, nous ont enlevé trois heures de travail par semaine, à Roland et à moi, chacun. Parce que c’est beaucoup plus simple de payer ses employés par exemple.

FPL: Et la dernière, c’est la question « Back in Time », c’est ma préférée. Imaginons que vous ayez l’opportunité de remonter le temps et vous vous retrouvez face à votre « vous » de 18 ans. Vous n’avez que cinq minutes avant que le portail temporel ne vous ramène au présent. Avec l’expérience que vous avez maintenant, que vous diriez-vous? D’un point de vue pratique, quel plan ou conseils précis donneriez-vous à votre jeune alter ego pour réussir, et qui n’implique pas d’acheter des billets de Loto, des paris sportif, ou d’investir en Bourse?

LM: C’est une bonne question et on essayé de faire cet exercice avec Roland,  justement, de se parler à soi-même, en fait. Je pense qu’on a vraiment choisi le meilleur moment pour entreprendre. Quand on intervient souvent devant des étudiants, c’est ce qu’on dit, en fait: c’est tellement plus difficile d’entreprendre à 35 ans quand on a deux enfants, quand on a été habitué à gagner…d’avoir un salaire, et on a acheté une maison, et on a un crédit il en à payer. C’est tellement plus difficile d’entreprendre à ce moment-là, à mon sens, je parle vraiment à titre personnel. Donc déjà je m’encouragerais peut-être à entreprendre peut-être plus tôt,  pas attendre d’avoir fait dix Masters. Mais peut-être même plus tôt. Aujourd’hui on peut tester un business hyper facilement, et ça c’est un vrai conseil que je me donnerais à 18 ans: t’embête pas en fait à tout développer, et ensuite à voir si ça marche. D’abord regarde si ça marche, et ensuite tu développes. Et aujourd’hui il y a des outils , on peut faire une Facebook page, on voit le taux de clics, on peut faire un faux produit, une fausse page produit et on voit le taux d’ajouts au panier.  Et donc voilà, je dirais vraiment, avant d’aller chercher un modèle viable, teste vraiment ton business hyper tôt,  et surtout t’enferme pas. Et je reviens au point de départ, mais  ne t’enferme pas, et ne garde pas ton projet pour toi-même. Parce qu’une idée en fait ça  vaut rien, nous c’est en parlant de notre idée qu’on a fait des super opportunités  business, qu’on a eu des opportunités d’aller aux US. C’est pas en étant timide et renfermé dans son coin, que le business va se créer. Et moi je rencontre beaucoup d’entrepreneurs qui me disent « je ne peux pas trop parler de mon idée, parce que c’est vraiment innovant ». Mais justement, si c’est innovant, parles-en nous,  tu vas être le meilleur pour la développer et pour l’exécuter, mais parle-nous de ton idée, et ne la garde surtout pas pour toi, parce qu’elle n’émergera pas suffisamment sinon. C’est vraiment, l’entrepreneuriat qu’on aime, c’est  l’entrepreneuriat collaboratif, c’est celui d’échanger des bonnes pratiques avec les autres boîtes, et c’est vraiment important.

FPL: Tribu Digitale, parlez de votre projet, ne vous enfermez pas. Et aussi, n’attendez pas! Il n’y aura jamais de bon moment, testez votre idée, testez votre marché. Les outils sont là. Vous pourrez toujours perfectionner après. Louis, nous sommes maintenant arrivés à la fin de l’épisode. Merci d’avoir partagé généreusement toutes ces informations avec nous. Tribu Digitale, j’espère que vous avez bien pris note. Je sais qu’il y en a parmi vous qui hésitent encore à se lancer, et j’espère que l’aventure de Louis vous inspirera à faire le grand saut. À ce titre, Louis, pour le mot de la fin: que diriez-vous à nos auditeurs de la Tribu Digitale qui hésitent encore à se lancer, ou qui se sont bloqués? Si vous aviez un seul conseil à leur donner, quel serait-il?

LM: Ça va être un peu bateau, mais le vrai regret,  je pense, ça ne serait pas celui de se tromper dans son aventure entrepreneuriale, mais ce serait celui de pas l’essayer, en fait. Ce qui compte, je pense, quand on aura regardé notre vie, c’est vraiment on regardera beaucoup plus qu’est-ce qu’on a loupé, et qu’est-ce qu’on a pas fait, plutôt que ce qu’on a accompli. Et donc du coup, essayez, prenez votre chance. C’est une telle chance même, pour retrouver un emploi derrière, si ça ne fonctionne pas. Si Merci Handy ne fonctionne plus, on sait qu’on  serait appelé par beaucoup de gens pour rejoindre des groupes ou des plus grosses boîtes. Donc n’ayez vraiment pas peur d’être mis sur le côté parce qu’on a loupé une aventure entrepreneuriale. Nous je pense qu’il y a bien un tiers de notre effectif qui vient d’entrepreneurs qui se sont foiré, et qui ont voulu rebondir dans une autre startup. Et aujourd’hui c’est des éléments qui sont incroyables dans notre business. Donc vraiment, c’est maintenant ou jamais, en fait.  

FPL: Louis, vraiment merci. Ce fut un plaisir et un honneur de vous avoir parmi nous aujourd’hui. Alors, avant de nous quitter, dites-nous comment rester en contact avec vous, sur les réseaux sociaux ou ailleurs, et si vous avez une annonce à faire, la Tribu Digitale vous écoute.

LM: Et ben écoute, ça a été un plaisir de participer ici, c ‘est vraiment top. Et moi j’aime beaucoup LinkedIn, donc je vais vous donner mon LinkedIn, c’est « Louis Marty », tout simplement. On fait énormément de business sur LinkedIn, pareil on recrute via notre LinkedIn. Donc allez-y, n’hésitez pas à me contacter aussi pour échanger, et prendre un café au bureau ce sera avec grand plaisir! Et voilà, bonne année 2018 qui s’annonce pour l’entrepreneuriat français!

FPL: Tribu digitale, vous venez d’entendre Louis Marty partager avec vous son expérience et ses conseils. C’est à vous de jouer maintenant. Rejoignez-nous sa revolutiondigitale.fr et tapez « Louis » dans la barre de recherche: vous aurez accès à sa page dédiée, avec toutes les informations et les références dont nous avons parlé aujourd’hui. Et bien-sûr, n’oubliez pas de visiter la page de Louis sur mercihandy.fr, et de le suivre sur ses réseaux sociaux, notamment sur LinkedIn. N’oubliez pas non plus de passer à son bureau pour prendre un petit café. Louis, merci encore d’avoir partagé votre aventure avec la Tribu Digitale! Au revoir, et je vous retrouve en backstage.

LM: Merci beaucoup!

LES POINTS À RETENIR

1. GARDEZ VOTRE CRÉATIVITÉ. Votre meilleur potentiel de créativité est au départ, quand vous vous lancez. Quand on commence à grandir, à lever des fonds, il existe un risque de perdre cette créativité, cette enthousiasme, cette habitude de se creuser la tête pour trouver des solutions. Appuyez-vous sur une communauté fidèle et engagée, qui croit en vos produits, et a envie de les partager.

2. PARTAGEZ VOTRE IDÉE. Ne restez pas enfermés sur vous-mêmes, en croyant protéger votre innovation. Une idée sans application n’est rien. Croyez en l’entrepreneuriat collaboratif! Rencontrez d’autres entrepreneurs, plus expérimentés, qui pourront vous donner leurs conseils et vous faire avancer. Et quand vous commencez à vous déployer, n’oubliez pas de rendre, en donnant de votre temps aux nouveaux entrepreneurs!

3. N’AYEZ PAS DE REGRETS. Lancez-vous le plus tôt possible, essayez, vous ne regretterez pas de vous être trompé. Par contre, vous regretterez de ne pas avoir essayé, vous avez tout à y gagner, y compris en expérience, si vous voulez réintégrer le marché de l’emploi par la suite. Il existe aujourd’hui des outils digitaux formidables et très accessibles, et à moindre coût, pour tester votre idée, sans nécessairement avoir un modèle viable.

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OUTILS MENTIONNÉS

Vous trouverez ci-dessous toutes les références des resources mentionnées durant l’épisode!

APPLIS

Liste des applis mentionnées durant l’épisode.

LIVRES

Liste des livres mentionnés durant l’épisode.

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